Enfer blanc, de Max Annas

J’avoue être passée un peu à côté de ce roman. Moses, un jeune noir tombe en panne près de la résidence The Pines, un quartier sécurisé habité par des blancs, nous sommes en Afrique du Sud et l’Apartheid est loin de n’être plus qu’un souvenir. Un de ses camarades d’université y habite et il profite de l’ouverture du portail pour se glisser dans la résidence pour demander de l’aide à ce collègue. Il doit rejoindre son amie Sandy au plus vite mais s’aperçoit que son téléphone est déchargé, de plus son camarade n’est pas à la maison. La présence de ce jeune noir déplaît à certains habitants et au service de sécurité, d’ailleurs en même temps un couple de cambrioleurs se cache dans une des maisons, Trois blancs, puis les agents de sécurité prennent Moses en chasse, celui-ci ne trouve pas la sortie du lotissement. Il est vu comme un criminel alors qu’il n’a rien fait, tandis que les voleurs tombent sur un cadavre frais dans le congélateur. Pratiquement tout le roman est consacré à la course poursuite entre Moses et ses adversaires. Le dénouement est violent et peu plausible.

Le début de l’intrigue m’a intéressée mais la chasse à l’homme est beaucoup trop longue, Moses tourne en rond dans le quartier et nous avec bien trop longtemps. L’intrigue secondaire avec les voleurs n’est pas aboutie et n’apporte pas grand chose. La scène de la fusillade est peu crédible également. Je ne suis pas vraiment entrée dans cette histoire. Le style est assez plat.

La thématique principale est le racisme et son corollaire, la violence. L’Afrique du Sud n’est pas réconciliée avec son histoire. Les vieux réflexes ont la vie dure. Avec la fusillade et le massacre consécutif, l’auteur veut montrer la violence qui règne dans ce pays. Les personnages n’ont malheureusement aucune profondeur, tout est dans l’action. Il n’y a pas que les noirs qui sont défavorisés, mais aussi toute une tranche de la population blanche qui a été complètement déclassée après l’Apartheid, ce sont ces personnes qui en veulent le plus aux noirs qui ont pris leur place, ils décident de poursuivre Moses qui n’a rien fait et l’accusent de tous les maux. Il ne cherche même pas à s’expliquer, sachant qu’il aura forcément tort et finira en prison. Ces actions en disent long sur l’état de la société dans ce pays.

Un grand merci à Netgalley et aux Editions Belfond pour ce roman.

#EnferBlanc #NetGalleyFrance !

Cette nuit-là, de Victoria Hislop

J’ai découvert ce roman en version audio, il est lu par Clara Brejtman. J’ai déjà écouté d’autres livres lus par cette comédienne et j’apprécie beaucoup sa manière de prêter vie aux nombreux personnages de ce roman (parfois on s’y perd vraiment). Sa voix chaleureuse convient parfaitement pour nous transmettre les émotions des héros. Je n’ai pas lu L’île des oubliés, mais ça ne gêne pas dans la compréhension du récit.

Anna peine à se remettre de la naissance de sa fille Sophia, son mari propose son cousin Manolis comme parrain, ce qui réjouit grandement la mère, cela fait de nombreux mois qu’elle n’a pas revu son amant. Andrea est le plus important propriétaire terrien de la région, il a une très grande exploitation et de très nombreux employés dont son cousin. Manolis et Anna se revoient, ils filent le parfait amour depuis le baptême de Sophia, mais Anna est très inquiète car on a trouvé un traitement contre la lèpre et sa soeur Maria va bientôt rentrer, elle était autrefois la fiancée de Manolis. Le jeune homme a beau lui assuré qu’il n’a plus aucun sentiment pour elle, il ne parvient pas à rassurer Anna. Une grande fête est organisée pour le retour des lépreux guéris, Anna et Andréa doivent représenter la puissante famille Vandoulakis, mais un drame survient et Manolis doit fuir à Athènes où il mettre des années à oublier Anna.

Le roman tourne surtout autour de trois personnages principaux, Maria, Andrea et Manolis, on les suit en alternance dans ce roman plutôt manichéen dans lequel je me suis franchement ennuyée, heureusement qu’il était en version audio, c’est plus agréable quand on n’accroche pas. Les personnages et les situations sont survolés et souvent caricaturaux, la trop gentille Maria, le méchant Andréa, qui restera mauvais même dans sa crise mystique puisqu’il cache la vérité sur Sophia à Maria qui est la première concernée, quant à Manolis qui oublie Anna dans les fêtes, rien de bien convaincant.

L’auteure n’exploite même pas le contexte historique comme les changements politiques ou les découvertes qui ont permis d’éradiquer le lèpre. L’intrigue est à l’eau de rose, le style très plat et on ne sent pas emporté dans un grand voyage littéraire. C’est un livre vite lu et vite oublié malheureusement. La psychologie des personnages est complètement bâclée, on ne sait pas ce qui motive leurs actions. Maria répète X fois qu’elle ne sait pas pourquoi elle accepte de pardonner à Andréa. Il ne se passe pas grand chose dans cette histoire au rythme lent avec des personnages caricaturaux et peu crédibles.

Certains thèmes auraient pu être plus intéressants s’ils avaient été plus développés comme l’opposition entre riches et pauvres, la lèpre et son traitement, la culture de l’honneur, ou plutôt sa fin vu la condamnation d’Andrea, la vengeance et le pardon, mais comme je l’ai dit plus haut, tout est survolé dans ce roman qui manque sérieusement de profondeur. J’avais entendu dire le plus grand bien de cette auteure, mais je pense que j’en resterai là après cette grosse déception.

Merci à Netgalley et Audiolib pour leur confiance.

#Cettenuitlà #NetGalleyFrance !

36 heures dans la brume, de Nathalie Sommers

Un grand merci à Babélio et aux Editions Bayard jeunesse pour ce sympathique roman gagné lors d’une MC spéciale, il m’a bien plu et j’ai aimé parcourir les rues de San Francisco avec ces deux héros vraiment attachants.

Un adolescent est repêché accroché à un pneu dans l’eau glacée du Pacifique, il est à moitié inconscient et on le conduit chez le médecin du village. Il a été frappé à la tête et ne souvient presque de rien si ce n’est son nom, Matt et d’avoir vu quelque chose d’orange avant de tomber. Le médecin identifie tout de suite le Golden Gate, à une centaine de kilomètres de là. Matt sent qu’il doit y retourner au plus vite, il vole une dizaine de dollars à son sauveur et s’enfuit. De retour près du pont mythique, il se rappelle qu’une jeune fille brune a besoin de son secours, il erre dans le quartier à la recherche de ses souvenirs perdus, une bande de voyous y voit une proie facile, mais c’est sans compter sur Jiao, une jeune fille de son âge à qui il achète des plats chinois tous les jeudis. Très douée en arts martiaux, elle met les agresseurs en déroute et aide Matt dans sa quête, ils sont prêts à déjouer les plans d’Al Capone lui-même.

Ce livre vise un public âgé de dix-douze ans, il devrait leur plaire. Certains livre destinés aux jeunes lecteurs peuvent enchanter les adultes mais ce n’est pas le cas de celui-ci. L’intrigue est trop cousue de fil blanc et on devine le happy end dès le début. De même les personnages sont trop superficiels pour des lecteurs ayant dévorés des centaines et des centaines de bouquins. Mais le public visé n’en demande pas tant et devrait apprécier l’action continue du roman sans voir les invraisemblances : Par exemple survivre à une chute de plus de soixante mètres dans l’eau glacée avec une blessure à la tête. Il y a toutefois une allusion destinée aux « vieux », Matt habite une maison bleue adossée à la colline et ne ferme jamais à clé, pas sûr que les enfants la saisissent.

L’écriture est fluide et agréable, le style très classique et les mots plus difficiles expliqués en bas de page, ce qui est une excellente idée pour les livres jeunesse.

Le contexte historique n’est pas vraiment exploité, ce qui est dommage. il y aurait eu plus à dire sur le San Francisco des années trente, on aurait pu parler de la Grande dépression, pas seulement de la guerre des gangs qui faisait rage à l’époque. On y trouve tous les clichés touristiques, avec les rues en pente, les cables cars, le Golden Bridge, sans oublier la fameuse maison bleue (qui a bercé les rêves de notre génération quand nous étions ado !). L’intrigue n’est pas très prenante, mais il faut se mettre dans la peau d’un jeune lecteur d’une dizaine d’années et je pense qu’il sera nettement plus intéressé.

Comme c’est destiné aux enfants, les héros ne sont pas vraiment en danger et triomphent des méchants, adultes ou enfants. Tous les méchants seront punis et bien sûr les bons récompensés, les personnages sont tout l’un ou tout l’autre sans nuance. Les messages sont positifs et mettent en avant des valeurs telles que l’amitié et la solidarité. Jiao subit de nombreuses discriminations car elle est chinoise, le racisme à l’encontre des Asiatiques était très violent à l’époque (et peut être encore aujourd’hui !), ce que l’auteure dénonce fortement.

Le cadavre du Palais royal, de Laurent Joffrin

J’ai retrouvé avec grand plaisir Nicolas Le Floch, remis en selle par Laurent Joffrin suite au décès de son premier papa en 2018. Selon mon habitude, j’avais commencé la série originale lors de la sortie de La pyramide de glace, puis j’ai décidé de la lire dès le début, mais je n’ai jamais pris le temps de le faire malgré mon goût pour les polars historiques. Ainsi n’ayant lu qu’un opus il y a quelques années, je n’ai pas vu les évolutions des personnages, car il semble que les personnes qui connaissent bien Nicolas lui trouve actuellement bien pâle figure, mais je n’y ai vu que du feu.

J’ai eu grand plaisir à écouter cette version audio, lue de manière brillante et convaincante par Philippe Sollier. Il incarne parfaitement les différents personnages et on les reconnait très bien, sa voix est chaleureuse, elle sait nous faire partager les émotions des héros.

L’intrigue se passe entre le 26 septembre et le 6 octobre 1789, on trouve un cadavre dans la Seine, Pierre Bourdeau devenu commissaire au châtelet y flaire une intrigue politique et fait appel à son ancien chef Nicolas Le Floch, revenu de sa terre bretonne pour servir le roi à Versailles. Une princesse a disparu et Nicolas doit justement se rendre à Paris pour tenter de la retrouver, les deux amis s’aperçoivent vite que leurs deux affaires n’en forment qu’une seule. Après avoir libéré la disparue, agent au service de Marie Antoinette au fort caractère le trio se lance sur la piste d’un ou de plusieurs complots qui agitent Paris deux mois après la prise de la Bastille. L’intrigue est intéressante et agréable, toutefois le côté romance est peu crédible et inutile. On doute que la belle Laure tombe amoureuse de Nicolas, âgé de cinquante ans comme il le dit.

Le plus intéressant est le contexte historique très très documenté qui nous permet d’être complètement immergé dans cette époque troublée. Nous connaissons tous la fin de l’histoire et c’est passionnant d’être plongé au coeur des évènements quand tout aurait pu basculer autrement si la noblesse et la cour avait su voir l’énorme fossé qui les séparait du peuple. Les bourgeois, sur le point de prendre le pouvoir, manipulent le peuple qui a faim, comme on le voit dans plusieurs scènes d’émeutes, organisées par les Cordeliers de Danton, ou le duc d’Orléans, qui désire être nommé Lieutenant général du royaume, sans oublier le comte de Provence, futur Charles X qui se verrait bien régent, ce qui impliquerait comme le souligne Nicolas, la mort du roi. Pendant que les grands du royaume se disputent le pouvoir, ils n’ont aucune conscience de l’état réel du pays. Louis XVI est complètement dépassé, préférant aller chasser et laisser son conseil prendre les décisions. La cour ne veut pas coopérer avec l’assemblée, ce qui permettra à des factions plus radicale de prendre le pouvoir alors que certains bourgeois modérés comme Mirabeau sont prêt à de nombreux compromis, leur but étant une royauté constitutionnelle à l’anglaise, mais le manque de lucidité du roi causera sa perte. Marie Antoinette semble plus au fait des réalités du moment, mais elle refuse tout compromis, elle est d’ailleurs franchement détestée par le peuple au contraire du roi, qui est vu comme un bon papa mal entouré. J’ai été frappée par l’influence de la presse, déjà, les journalistes jouent un rôle central dans la manipulation du peuple. Ici pas de journalisme d’investigation soucieux de permettre à l’opinion de se former, mais plutôt des « fake news », ou des rumeurs amplifiées et diffusées pour influencer les Parisiens et les amener là où on veut. On sait bien que ce type de journalisme sévit toujours sur les réseaux sociaux.

J’ai trouvé ce polar très agréable et intéressant d’un point de vue historique. Un grand merci à Audiolib et Netgalley pour leur confiance.

#LeCadavreduPalaisRoyal #NetGalleyFrance !

Insoluble, de James Patterson

C’est avec un grand plaisir que j’ai découvert cette nouvelle série, je n’ai pas lu le premier comme plusieurs autres lecteurs, mais je vais y remédier au plus vite. Toutefois, il y a assez de rappels pour qu’on comprenne que l’héroïne, Emmy a été gravement blessée par un tueur en série arrêté précédemment. Elle a de nombreuses cicatrices physiques, mais surtout psychologiques. Devenue parano et pratiquement agoraphobe, elle est en télétravail depuis ce moment, comme analyste au FBI, affectée à une enquête sur « Citizen David », un justicier qui s’attaque aux grandes entreprises, banques etc. Il pirate les ordinateurs de ces industries pour révéler des scandales, leur attitude raciste et l’exploitation des plus pauvres. Il prend garde à ne faire aucune victime et suscite beaucoup de sympathie dans le public et même auprès de certains membres du FBI, dont l’équipe d’Emmy. La passion de la jeune femme consiste à traquer les tueurs en série, ceux qui commettent des crimes parfaits et ne sont jamais inquiétés, elle est d’ailleurs sur la piste de l’un d’eux, son chef l’apprend et décide de la faire revenir au bureau pour mieux la surveiller, d’autant plus qu’il la soupçonne d’être la taupe qui renseigne une amie journaliste sur l’enquête en cours permettant au terroriste d’avoir toujours un coup d’avance. Son ami est un ancien agent qui a quitté le bureau pour avoir plus de temps pour elle et il attend qu’elle en fasse de même, ce qu’Emmy refuse. Books est engagé pour débusquer la taupe, il est persuadé que ce n’est pas Emmy mais serait prêt à l’arrêter si nécessaire. Emmy et son équipe sont sur la piste de David et de Darwin, un tueur en série qui s’en prend à tous ceux que David veut protéger, puis tout s’emballe après un attentat qui fait deux cent victimes.

Je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de découvrir cet excellent thriller, mené de main de maître, nous conduisant sur de nombreuses fausses pistes pour un final inattendu, je n’ai pas trouvé qui étaient Darwin et David avant la fin. Les chapitres sont courts, ce qui donne du rythme à l’intrigue, l’écriture est fluide et agréable comme toujours avec cet auteur.

Les personnages sont attachants, en particulier Books et les trois analystes, la hiérarchie du FBI est imbuvable et cherche des noises à Emmy. Le thème du conflit entre la base et les chefs est récurrent dans les séries de Patterson, il aime nous présenter des héroïnes en but au harcèlement de leurs supérieurs, mais qui finissent toujours par triompher. La psychologie des personnages est plus travaillée que dans d’autres romans. Il sait bien nous rendre les difficultés rencontrés par les personnes traumatisées par la guerre ou une agression. On entre vraiment dans la tête d’Emmy pour partager ses peurs parfois irrationnelles et ses incertitudes amoureuses, l’histoire compliquée avec Books est en filigrane, sans lourdeur, ce qui est agréable.

Patterson nous livre une intéressante analyse de la société américaine coupée en deux entre des libéraux extrémistes prêts à éliminer les plus faibles et ceux qui sont prêt à utiliser le terrorisme pour les défendre. Il nous montre à quelles extrémités on va arriver si personne n’arrive à stopper cette dérive. Il montre aussi l’étendue des injustices qui ronge le pays : racisme, pauvreté, absence d’assurance maladie pour la majorité des citoyens et arrogance des plus puissants. Il défend aussi la place des femmes dans les hiérarchies du service public avec cette analyste, un poste subalterne au FBI qui réussit à traquer des tueurs en série malgré l’opposition de ses supérieurs. Elizabeth, directrice adjointe semble avoir bénéficier d’une promotion-canapé, un fait aussi dénoncé par l’auteur.

Ce thriller est très distrayant mais aussi offre une photographie intéressante de l’Amérique d’aujourd’hui, je le recommande chaleureusement. Un grand merci à Mylène de L’Archipel pour sa confiance.

#Insoluble #NetGalleyFrance !

Bigoudis et petites enquêtes, T1, de Naëlle Charles

Une sympathique nouvelle série de mystery cosy, et cette fois ça ne se passe pas en Angleterre comme on en a l’habitude, mais dans un village alsacien. Léopoldine Courtecuisse rêvait d’être policière dans son enfance, mais ses parents, franchement odieux ne voulaient pas investir dans de longues études pour leur filles ainée qu’ils dénigraient sans cesse, celle-ci est donc devenue coiffeuse. Après son divorce houleux, elle a ouvert un salon avec Magali, sa meilleure amie, aussi fraîchement divorcée. Léo rêve toujours de devenir flic et se nourrit de polars en livres ou en films, elle est incollable sur les séries cultes. Un soir elle découvre leur copine Véro, caissière au supermarché, assassinée dans sa voiture fermée à clé sur le parking du centre commercial, elle appelle les gendarmes. Elle éprouve peu de sympathie et réciproquement pour le nouveau chef de poste, un beau garçon froid et distant. Connaissant tous les ragots et les secrets du village, elle va participer à l’enquête.

Ce roman très sympa est à prendre au second degré, il est plein d’humour et on pressent qu’au bout de plusieurs enquêtes, Quentin et Léo vont devenir bien plus que des amis. Parlons en de ce gendarme si peu convaincant : il a été muté dans ce village après avoir couché avec la femme du ministre qu’il protégeait. En plus il est d’une bêtise confondante, tout comme ses trois autres collègues, il n’a jamais fait aucune enquête avant de se retrouver à la tête du poste local et c’est finalement Léo qui gérera les investigations, ce qui n’est pas plausible le moins du monde. Tout comme la soirée que Quentin passe chez Léo, le comportement des enfants n’est pas plus réaliste. Mais si on prend ce roman comme un moment de distraction, sans y chercher de prouesse littéraire ou d’intrigue très sophistiquée, il atteint largement son but, nous faire rire, trembler (à la fin) et nous emporter loin des soucis du quotidien.

La vie des deux coiffeuses est bien décrite avec leur activité incessante et les pauses café rapide entre deux clientes, et surtout les ragots, qui permettront à Léo de résoudre le mystère de cette famille qui a bien des choses à cacher. J’ai passé un excellent moment en compagnie de nos enquêteurs et je compte lire la suite de cette série vraiment sympathique. Un grand merci à Mylène de L’Archipel et à Netgalley pour leur confiance.

#BIGOUDISETPETITESENQUÊTES #NetGalleyFrance !

A la reconquête de l’Ouest, d’Audrey Françaix

Gros coup de coeur pour ce livre, un vrai feel good qui apporte plein de peps et d’énergie. Il est édité dans l’excellente collection de L’Archipel, Instants suspendus et n’aurait pas pu trouver meilleur endroit car il s’agit bien de ces moments où tout peut basculer dans un sens comme dans l’autre. Il y a vraiment du suspense et la fin aurait pu être très différente. Parfois ce type de roman est cousu de fil blanc et on devine tout de suite la conclusion, pas ici, même si c’est celle que l’on espère.

Manu et Gwen sont ensemble depuis une vingtaine d’années, mariés depuis seize et parents de deux adolescents de douze et quinze ans. Ils se sont rencontrés à la fac et sont devenus professeurs dans le même lycée à la fin de leurs études. Manu sent que Gwen s’éloigne de lui, il a perdu ses parents deux ans auparavant et a de la peine à sortir de sa tristesse, mais sentant le danger pour son couple, il veut tout faire pour la reconquérir. Son ami Nico, qui a toujours trompé sa femme allégrement lui conseille de la surprendre et de l’emmener en vacances dans un endroit inattendu. Gwen a quitté sa Bretagne natale pour étudier les Lettres des années auparavant car son père était un vrai tyran et n’a jamais revu sa famille depuis, Manu se donne pour mission de les réconcilier. Il n’annonce pas son projet et ils partent en direction de la Bretagne, Gwen est en colère et encore plus lorsqu’ils arrivent dans une location insalubre et inhabitable. L’office du tourisme les renvoie vers un vieil homme grognon qui loue une maison en bon état. Les enfants sont enchantés, même si Gwen est décidée à repartir dès le lendemain quand ils se seront reposés. Mais Tom veut devenir biologiste marin et rêve de visiter un musée consacré à la mer, ce que Gwen accepte car ses enfants passent avant tout. Tôt le matin, les ados demandent à aller au marché, leur mère les accompagne à contrecoeur . Sa tante Nina, hippie égarée à notre époque, les rencontre, c’est elle qui la convaincra de venir partager un repas avec toute la famille réunie, pour leur présenter ses enfants. Les relations avec ses parents sont plus que tendues, mais heureusement, il y a Nina la tatallumée, son mari Niels, un suédois qui médite tout nu dans le jardin et fume des joints, et l’oncle Patrick, boute-en-train et très chaleureux qui les accueillent très bien. Les parents ont aussi rejeté leur fils cadet homosexuel, mais Manu et ses alliés sont décidés à faire régner la paix dans la famille. Par contre, reconquérir Gwen s’annonce plus compliqué surtout que Loïc son ex fiancé tente aussi le même challenge.

Il y a de nombreux rebondissements, on ne s’ennuie pas une minute dans cette famille partagée entre un père très très rigide, une mamie qui semble perdre la mémoire, une autre complètement mutique et dépressive et un grand-père qui cache un lourd secret. Heureusement que Niels, Nina et Patrick sont la joie de vivre incarnée. Les personnages sont tous touchants à leur manière, même Alain le père qui est surtout un faux dur, mais chut, personne ne doit le savoir. Finalement Gwen est le personnage le moins sympathique, elle ne sait pas si elle aime encore Manu ou s’ils ne sont que des amis, elle ne voit pas les efforts de son Jules pour elle. Heureusement Patrick saura lui donner les bonnes clés.

C’est un livre qui fait du bien, plein de tendresse et d’humour, d’optimisme et de résilience. On ne sait vraiment pas quel sera le choix de Gwen avant la fin. La crise de la quarantaine est très bien décrite, tout comme les relations familiales dysfonctionnelles, même si les Kermarrec cumulent sans doute la totalité des possibles en la matière. Mamina, pas si gâteuse que ça, Niels, Nina et Patrick sont particulièrement attachants, ainsi que Manu avec son amour total pour Gwen, jusqu’à accepter de la perdre si elle préfère vraiment Loïc. Les thématiques comme les secrets de famille, pas toujours si secrets, sont vraiment bien traitées.

Ce roman est un excellent feel good, à la fois gai, mais en même temps avec une vraie profondeur. La crise entre Manu et sa femme est bien réelle, tout comme celle qui traverse le couple de leurs amis. Cette crise de vie est vraiment bien analysée, plausible et les différentes solutions très bien étayées, ça sent vraiment le vécu. J’ai aussi beaucoup aimé qu’il y ait un vrai suspense, on n’est pas dans une de ces histoires cousues de fil blanc. Je recommande chaleureusement ce beau roman. Les titres des chapitres sont des parodies de western, ce qui est très amusant. Un grand merci à Mylène de L’Archipel pour cette belle découverte.

#ÀLARECONQUÊTEDELOUEST #NetGalleyFrance

Brocélia, de Jean-Marc Dhainaut

J’ai lu plusieurs chroniques sur ce roman qui m’ont donné envie de le découvrir et je n’ai pas été déçue. Je ne connaissais pas l’auteur et je me rends compte qu’il y a d’autres romans qui ont Alan Lambin comme personnage.

Meghan est journaliste à Insolite Magazine, elle est en retard dans la livraison de son dernier article, ce qui met son chef de très mauvaise humeur, il lui enjoint de trouver un sujet rapidement. Elle repense au manoir Brocélia, une bâtisse abandonnée dans la forêt de Brocéliande qu’elle a visité quelques années auparavant dans le cadre de l’urbex et où elle avait eu très peur en entendant des coups de feu. Elle décide d’y retourner pour résoudre son mystère, s’agit-il d’une véritable maison hantée ? Dès son arrivée des phénomènes étranges et effrayants se déroulent, elle se sent menacée par une vieille femme, le piano joue tout seul, mais surtout elle arrive au bureau au milieu de la semaine suivante en étant sûre qu’on est lundi, elle a perdu trois jours, qui semblent s’être évaporés. Avec l’aide son ami et collègue Janis, elle va enquêter sur l’histoire du manoir, marquée par des morts violentes depuis près d’un siècle. Elle interrogera l’agent immobilier chargé de la vente, qui semble en savoir bien plus qu’il ne veut bien le dire, vivra de grandes frayeurs au manoir qu’elle s’obstine à visiter malgré les menaces seule ou avec Janis. Finalement elle demandera l’aide de son ami Alan Lambin pour résoudre la hantise de ce manoir, habité par de nombreux fantômes et autres créatures fantastiques.

En ce moment j’ai peu de temps disponible, j’avance lentement dans mes lectures et encore bien plus dans mes chroniques. D’habitude j’essaie de faire la chronique le lendemain ou le surlendemain de la fin de ma lecture, mais en ce moment c’est impossible, je suis plutôt dans un délai de huit ou dix jours. Résultat, j’ai oublié de nombreux détails précis, mais j’ai une meilleure vue d’ensemble du roman, ce qui modifie mon point de vue.

J’ai beaucoup aimé ce roman, lu assez rapidement, j’ai été prise dans l’histoire, mais je ne l’ai pas trouvé effrayant, pourtant je ne suis pas spécialement intrépide. Il n’y a pas vraiment de climat anxiogène comme chez Stephen King, où on part d’une situation ordinaire qui déraille peu à peu. On s’y identifie beaucoup plus que lorsqu’on est projeté directement dans le fantastique. Un point qui m’a aussi dérangée est l’omniprésence des prénoms anglophones, comme si tous ces personnages qui vivent en Bretagne s’appelaient Fritz ou Hansueli. Des prénoms bretons ou francophones auraient aussi bien convenu, même mieux à mon avis.

J’ai beaucoup aimé le traitement des légendes autour de Brocéliande, ici nulle trace d’Arthur ou de Merlin. On est dans un folklore purement local et nettement plus sombre. J’ai évidemment été attirée par le titre, qui joue la carte marketing à fond, mais on n’est pas du tout dans ce à quoi on s’attendait et j’ai beaucoup apprécié la surprise.

J’ai aimé ce livre et je compte en découvrir d’autres de cet auteur.

Noa, de Marc Lévy

Une fois de plus, je commence une trilogie par la fin, me voilà bonne pour lire les deux premiers opus, vu que j’ai beaucoup apprécié celui-ci, et que d’après certaines chroniques, ce serait le moins bons des trois, ça promet des heures passionnantes. Je n’avais encore rien lu de Marc Lévy malgré son immense réputation. Cette lacune est comblée grâce au livre audio de Lizzie. Ce roman vraiment passionnant est lu par Audrey Sourdive, comédienne de talent que j’ai déjà eu l’occasion d’écouter dans d’autres livres audio, une fois de plus elle s’acquitte de sa mission avec brio et nous entraîne aux quatre coins de l’Europe, en passant par Israël sur la trace de hackers de choc.

Une mystérieuse organisation, Neuf, est composée d’un réseau de hackers particulièrement doués, certains de ses membres travaillent dans l’informatique, d’autres dans la restauration ou la recherche, tandis que Janis, l’héroïne principale est une journaliste anglaise. Le réseau traque les criminels en cols blancs, les dictateurs et les oligarques qui les soutiennent. Ils en veulent particulièrement à Luchin, le président de la Biélorussie qui maltraite sa population, s’enrichit à ses dépens et surtout traque les opposants avec des méthodes inadmissibles. Aux dernières élections présidentielles, il a été défait par Svetlana, mais si certains se contentent de hurler que l’élection leur a été volée en chauffant la foule, Luchin est bien plus efficace, il a fait emprisonner le mari de sa rivale et l’a obligée à fuir en Lituanie voisine, Nicolaï servant d’otage pour l’obliger à se taire, non mais pourquoi se gêner avec ces voleurs d’élection quand on est président à vie ! Il a aussi fait assassiner de nombreux journalistes, dont Daria, membre du réseau. Cette fois c’en est trop et le réseau monte une opération sophistiquée contre lui dont Janis sera la cheville ouvrière avec l’aide de ses autres amis et de sympathisants secrets de l’organisation, comme son avocat londonien ou son patron à Tel Aviv. Nous suivons cette opération digne de James Bond.

Il y a beaucoup de suspense, d’action et de rebondissements. Le cadre est très vraisemblable, même si l’auteur précise au début qu’il s’agit d’un roman, toutefois on comprend vite de quoi il parle vu les similitudes avec la situation actuelle et des évènements eux bien réels. Il n’y a aucun temps mort et aucun ennui pour le lecteur. L’intrigue est très bien ficelée et on est complètement embarqué dans ce roman d’espionnage qui change des thrillers habituels.

Les héros sont des hackers de pointe, ce genre de groupes existe sans aucun doute dans la réalité, toutefois vu la résistance des dictateurs de l’Est, ils ne doivent pas être aussi efficaces que nos héros. Le roman met en avant la fragilité de nos démocraties, que des prédateurs et des hommes corrompus surveillent en permanence dans le but de les détruire. Dans le roman un politicien anglais corrompu a reçu des millions de la Russie pour mener la campagne du Brexit. Dans la réalité on voit clairement des forces obscures s’allier pour pourrir les démocraties occidentales, en finançant les extrémistes en tous genres et en rendant acceptables les pires thèses populistes, toujours au détriment des plus modestes citoyens. De plus le roman est ancré dans la réalité de notre époque, ce qui lui donne encore plus de résonance.

J’ai beaucoup aimé cet opus et je découvrirai les deux premiers avec plaisir. Merci à Lizzie et Netgalley pour cette belle découverte.

#NOA #NetGalleyFrance !

Coeur du Sahel, de Djaïli Amadou Amal

Coup de coeur pour ce magnifique roman, inspiré de faits réels, l’auteure y dénonce les traitements violents subis par les femmes, en particulier les plus pauvres au coeur du Sahel, dans le Nord du Cameroun. Il est lu par Claïna Clavaron qui donne vie aux personnages pour une lecture encore plus immersive. J’ai aimé sa diction parfaite et sa manière de transmettre les émotions des personnages, dont la plupart sont très attachants.

Faydé vit dans un petit village du Sahel avec sa mère, ses petits frères et soeur, son père a disparu lors d’une attaque de Boko Haram depuis près de quatre ans, la sécheresse frappe la terre et les récoltes sont de plus en plus maigres. A quinze ans, elle désire rejoindre ses amies à Maroua, la grande ville la plus proche et travailler comme servante pour une riche famille peule, sa mère est réticente car elle craint qu’elle ne s’y fasse violer, mais il n’y a pas vraiment le choix vu la situation économique de la famille, d’autant plus que la jeune fille a dû arrêter l’école à son grand regret. Kondem sait que l’éducation est le seul chemin pour les filles du Sahel, mais c’est devenu inaccessible. Faydé se rend donc en ville et découvre la vie difficile réservée aux filles de sa condition, elles sont en butte au mépris des coépouses, aux injures et ont beaucoup, beaucoup de travail domestique à accomplir pour un salaire misérable et sans aucune marque de reconnaissance. Elles sont aussi à la merci des hommes de la maison qui ont un droit de cuissage. Sa cousine Srafata lui enseigne les règles de la survie, rester invisible et ne jamais se faire remarquer, se souvenir qu’elle n’est pas du même monde que ses patrons. Faydé a de la chance, elle est tombée dans une bonne maison, même si la grand-mère et Aya la dernière épouse se montrent odieuses et parfois violentes, les autres la traitent plutôt bien. Elle peut regarder la télé le soir et surtout écouter les leçons que Boukar, un cousin, vient donner aux enfants et adolescents de la maison. Didi la première épouse, mère de la concession (propriété) est sévère mais juste et bienveillante envers ses serviteurs. Les domestiques vivent ensemble dans une concession voisine, là les langues se délient et les filles redeviennent des adolescentes. Malheureusement le jeune frère du patron essaiera de la violer, Boukar viendra à son secours et leur amour secret éclatera au grand jour, ce qui ne peut qu’attirer des ennuis à Faydé.

Nous suivons Faydé et ses amies, qui représentent différents sorts réservés à ces jeunes filles, si Srafata sait éviter les problèmes, Fanta sera enlevée et mariée de force lors d’un des retours annuels au village, mais il n’y a rien à faire, ça fait partie des traditions et personne ne lui demande son avis. Bintou tombera amoureuse d’un riche peul et sera humiliée. Même Boukar, un jeune instruit de la classe dominante ne pourra échapper à la volonté de son père pour son mariage, ce dernier est une question de prestige et de liens entre familles de la même caste, l’amour n’a rien à voir.

Ce poids de la tradition et de la religion est terrible, seule l’instruction permettra aux jeunes générations d’y échapper, mais il faudra beaucoup de temps. Les femmes de l’élite sont présentées comme flemmardes, peu instruites et très superficielles, mais sous ces dehors moins contraignants, leur situation n’est guère meilleure, elles sont complètement soumises à leur mari, peuvent être répudiées pour un oui ou pour un non et elles doivent constamment plaire au maître. Les relations entre ces femmes sont aussi marquées par le manque de confiance, la rivalité et l’amertume.

La situation à la campagne, entre le dérèglement climatique et les attaques terroristes de Boko Haram est franchement choquante, surtout que l’Etat semble avoir complètement abandonné sa population qui survit dans des conditions dignes du Moyen âge, les femmes y sont particulièrement bafouées.

J’ai beaucoup aimé la fin du livre, ouverte et pleine d’espoir. Il faut que je découvre Les impatientes de la même auteure, qui sait nous plonger dans un monde vraiment hallucinant et situé juste à quelques heures d’avion de chez nous où nous crions à l’inégalité et au machisme à la moindre contrariété, souvent sans nous rendre compte de notre richesse et de notre liberté par rapport à d’autres cultures, un livre qui devrait aussi nous faire réfléchir. Malgré nos cris d’orfraies sur le réchauffement climatique, ce sont les plus pauvres qui en paient le prix fort.

Un grand merci à Lizzie et à Netgalley pour cette superbe découverte.

#CoeurduSahel #NetGalleyFrance !