L’accompagnateur, de Sebastian Fitzek

Jules remplace son ami César au standard d’un service bénévole qui accompagne au téléphone des personnes effrayées, le plus souvent des femmes qui doivent traverser un parking ou une zone sans éclairage, d’habitude il ne se passe rien et les personnes ont juste besoin d’être rassurées et de savoir que quelqu’un va appeler les secours si jamais. Klara appelle par inadvertance et tombe sur Jules. Elle court dans une forêt berlinoise, persuadée d’avoir à ses trousses un tueur en série qui a dit vouloir la tuer le 30 novembre, donc dans quelques heures. Elle raconte à Jules qu’elle va se suicider car c’est la seule issue pour elle : le tueur va l’exécuter si elle n’a pas éliminé son mari Martin. Peu à peu Klara se confie à Jules et lui dévoile sa vie de femme violentée de toutes les manières possibles par cet homme cruel. Evidemment tout est caché et Martin passe pour un respectable dentiste, mais il n’hésite pas à torturer sa femme et à la prostituer, entre autres. Jules parle aussi de ses drames, sa femme a été tuée peu avant et ses deux enfants sont morts dans l’incendie qui a suivi, enfin peut-être pas les deux. Jules essaie de la convaincre de renoncer à son projet, mais Klara lui affirme que le tueur ou son mari s’en prendront à lui dès qu’ils sauront qu’elle a appelé à l’aide, d’ailleurs Jules sent une présence dans l’appartement mais il n’y a personne…

Comme dans tous les romans de Fitzek, on est rapidement pris dans un suspense très dense. Ici il y a en plus une dimension angoissante. L’écriture est fluide et agréable, la tension ne retombe jamais et les rebondissements s’enchaînent, pas toujours très vraisemblables, mais c’est une des marque de l’auteur et il répond à ses détracteurs sur ce point dans la postface. Mais cet aspect ne m’a pas dérangée, j’aime beaucoup les thrillers de Fitzek. Par contre il y a un bémol qui me fait donner seulement quatre étoiles à ce livre c’est son ultraviolence. Il y a de nombreuses scènes très crues et très sanglantes, comme si l’auteur se complaisait à nous décrire par le menu et à de nombreuse reprises, les sévices divers et variés dont est victime Klara. Je n’ai pas du tout aimé cet aspect, il n’y avait pas besoin d’en dire autant pour démontrer le martyre de cette femme, là on se sent voyeur et complice, comme si le but était se satisfaire nos plus vils instincts. C’est un livre très dur par sa thématique : violence envers les femmes, meurtres, viol, suicide, mort d’enfants, en plus de nombreuses scènes sont vraiment très glauques. Il y a un climat angoissant et oppressant. La fin du roman est aussi peu convaincante, on se demande ce que fait la police et pourquoi personne ne l’a appelée au bon moment, en particulier la personne qui était au courant de toute l’affaire.

Malgré tous ses malheurs, je trouve Klara peu attachante, un peu cliché de la femme soumise, Jules l’est plus, au moins au début. Il y a l’idée que les femmes victimes de violences ne peuvent jamais sortir du cercle vicieux et surtout que les filles de maris violents épouseront ensuite un homme comme leur père.

A part son côté trop violent, ce thriller est totalement réussi et nous embarque pour une nuit d’angoisse. L’intrigue est très bien ficelée et le suspense monte peu à peu, avec des rebondissements et des retournements qu’on ne voit pas venir. Si les scènes de violence très crues ne vous rebutent pas, ce thriller psychologique ne peut que vous enchanter.

Un grand merci à Mylène de L’Archipel et à Netgalley pour ce roman.

#LACCOMPAGNATEUR #NetGalleyFrance !

5 réflexions sur “L’accompagnateur, de Sebastian Fitzek

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