Tant que le café est encore chaud, de Toshikazu Kawaguchi

J’ai découvert cette merveille dans le cadre du Challenge Netgalley, qui a pour objectif de nous faire découvrir de nouveaux horizons, ce qui me paraît être le but premier de la littérature en général. Je connais très peu la littérature japonaise et ce roman m’a enchantée. La lecture de Philippe Spiteri est parfaite, il emploie le ton juste pour faire vivre ces personnages, féminins pour la plupart. Il prononce les noms japonais sans trébucher. Une fois de plus, je constate que la forme audio ajoute un vrai plus à un roman, celui-ci nous emporte dans un univers bien loin de notre société occidentale que l’on connaît peu ici. On a vraiment l’impression de partager une tranche de vie des héros du livre.

Le Funiculi funicula est un café de Tokyo, difficile à trouver car il est petit et se trouve en sous sol. Les clients sont des habitués et il est très rare qu’on y vienne par hasard, même si cela a été le cas de l’héroïne du premier chapitre. Il est tenu par Kazu et Nagare, tandis que son épouse Kei, de santé très fragile vient juste donner un coup de main de temps à autre. Ce café a une réputation extraordinaire, car il permet de voyager dans le passé, mais selon des règles très strictes qui découragent la plupart des gens tentés par cette expérience. Les deux principales, parmi de nombreuses autres, sont qu’on ne peut en aucun cas modifier le présent par une action dans le passé et que ce voyage est bref, il ne dure que tant que le café est encore chaud. Si l’on ne revient pas à temps dans le présent, on est condamné à devenir un fantôme, comme la dame en blanc assise presque toute la journée à sa table.

Le roman est divisé en quatre chapitres qui nous racontent l’histoire de quatre femmes qui avaient une bonne raison de tenter l’expérience malgré toutes les contraintes. Ce sont des histoires très touchantes et qui parlent de situation de crise, rupture amoureuse, maladie, deuil. Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de voyager avec ces héroïnes. Même si ce voyage ne change pas le présent, toutes en reviennent apaisées. Elles ont compris que le présent est le plus important, on ne peut pas changer le passé et l’avenir n’a pas encore eu lieu, il faut donc cueillir les joies de la vie dans l’instant où elles se vivent. Surtout, même si la vie nous confronte à des drames et des deuils, le bonheur est fait de petites joies. A défaut de changer le présent ou l’avenir, ce voyage changera le coeur et le regard de celles qui auront eu le courage de le tenter. C’est un huis-clos plein de tendresse et d’émotion qui ressemble à un conte oriental.

Il y a de nombreuses répétitions, notamment des règles, et un rythme très lent. C’est un roman hors du temps et vraiment exotique. Un roman contemplatif bien loin du rythme de nos existences stressées. C’est le troisième roman japonnais que je lis, j’ai détesté le premier, Pays de neige, de Kawabata et j’ai adoré le deuxième, Le fusil de chasse, de Inoué. Ce roman est aussi un coup de coeur, il est impossible à résumer sans en perdre la substance. Je profite de cette lecture pour participer au mini-challenge de la semaine, la littérature japonaise me fait sortir de mes habitudes de lecture, surtout avec un roman si contemplatif. Un grand merci à Netgalley et Audiolib pour cette magnifique découverte.

#Tantquelecaféestencorechaud #NetGalleyFrance

2 réflexions sur “Tant que le café est encore chaud, de Toshikazu Kawaguchi

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