Je suis l’abysse, de Donato Carrisi

Nous suivons la trajectoire de quatre personnages principaux dont un seul a un prénom, Micky, comme les personnages secondaires, Martina, Sabrina, Diego ou Rafaele. Les autres héros sont l’homme qui nettoyait, la chasseuse de mouches et la fille à la mèche violette. Le premier est éboueur à Côme depuis dix ans, il est invisible. Il profite de son travail pour rechercher des femmes seules, analyse leur vie d’après leur déchets pour sélectionner l’Elue et la livrer à son colocataire Micky qui la tuera. Il a actuellement jeté son dévolu sur une femme qui vit avec ses cinq chats. La chasseuse essaie de protéger les femmes victimes de violence après un drame personnel, elle est parfois aidée de son amie Sabrina, une policière qui essaie de canaliser ses actions. Un vendredi matin, l’éboueur venu vider les poubelles du lac voit une jeune fille en train de se noyer et il la sauve avant de disparaître. Lorsqu’il avait cinq ans, sa mère a essayé de le noyer dans une piscine abandonnée et il n’a jamais oublié, de même que toutes les autres maltraitances qu’elle lui a fait subir en compagnie de Micky. Un bras a été retrouvé dans le lac, la police pense tout de suite à un suicide, mais la chasseuse est persuadée qu’il s’agit d’un meurtre et mène sa propre enquête avec l’aide discrète de son amie. La jeune fille est issue d’une famille très riche qui ne veut pas croire qu’il s’agisse d’une tentative de suicide mais d’un accident. Leur fille est très gâtée mais pas aimée pour elle-même et ses parents ne savent rien des violences que lui fait subir un garçon plus âgé. Elle pense avoir été sauvée par un ange et essaie d’entrer en contact avec lui, lui demandant de l’aide. Peu à peu le passé des personnages est révélé, expliquant comment leur présent en est impacté. La fin est inattendue et vraiment très réussie. Ce thriller glaçant est tiré de faits réels et ça fait froid dans le dos.

La construction du roman est très bien ficelée, l’intrigue progresse de manière harmonieuse. Il n’y a aucune scène gore, les scènes violentes comme les deux meurtres sont toujours sous-entendues. La violence est ailleurs, dans la maltraitance implacable que subit l’enfant et qui en fera un meurtrier. Le thème n’est pas nouveau et m’a fait pensé à Un employé modèle de Paul Cleave. L’enfant a été rejeté de multiples façons, s’est construit dans la haine et ne pouvait que devenir éboueur, un rebut qui s’occupe des déchets des autres. Toutefois il n’est pas que cela et les appels au secours de la jeune fille lui offre une porte de sortie pour échapper à Micky et comprendre qu’il n’est pas un méchant enfant mais que c’est le monde qui a été méchant avec lui.

La violence n’est pas l’apanage des pauvres, la chasseuse, issue de la classe moyenne a aussi vécu un drame qui l’a poussé à lutter contre la maltraitance envers les femmes. La jeune fille vient d’une famille riche et puissante, mais lorsque la vérité sera révélée, ses parents choisiront de fermer les yeux, la peur du scandale étant plus forte que le désir de justice, ce qui met la jeune fille en situation de victime idéale pour des abuseurs potentiels.

L’auteur explore aussi la culpabilité à travers l’histoire de la chasseuse, dont la vie a aussi basculé, ce qui a détruit son couple, son mari est devenu alcoolique et elle met toute son énergie dans ses actions de prévention.

L’endroit est idyllique, mais l’auteur en a fait un lieu d’angoisse et de désolation, l’ambiance est glauque. Une des particularités de ce thriller très réussi est que seuls les lecteurs auront le fin mot de l’histoire et toutes les pièces du puzzle, il reste incomplet pour la chasseuse, qui passe à côté de l’information principale et pour la police qui n’arrive pas à faire les liens entre les disparitions, la chasseuse a compris, mais les preuves manquent. Les personnages sont attachants et très réussis, on éprouve de l’empathie même pour le tueur. Ce n’est pas le premier livre de cet auteur que je lis et ce ne sera pas le dernier.

Un grand merci à Netgalley, audioblib et Calman-Lévy pour ce thriller à ne pas manquer.

#Jesuislabysse #NetGalleyFrance !

2 réflexions sur “Je suis l’abysse, de Donato Carrisi

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