L’agonie des grandes plaines, de Robert F. Jones

Lors de la crise financière de 1870, les Doussman, des émigrés allemands perdent leur ferme et se suicident, Jenny, seize ans, décide alors de rejoindre son frère Otto qui chasse les bisons dans la Prairie. Il l’avertit que la vie y est sans pitié et n’a rien à voir avec la chasse qu’il lui a enseigné à la ferme, mais elle n’a pas peur et se sent différente des femmes de son village. Otto est un ancien officier nordiste qui n’a jamais pu se réintégrer dans la vie civile. Jenny rejoint donc la petite entreprise de son frère et de son associé, Tom un jeune cheyenne au sang mêlé et un autre officier sudiste complète l’équipe. La cohabitation tourne au drame quand l’associé ivre viole Jenny alors qu’Otto est allé vendre les peaux, elle s’enfuit. Tom retrouve Otto et Jenny, les sauve lors d’une tempête de neige et leur propose de venir vivre avec lui parmi son peuple. Ils y sont bien accueillis, s’intègrent et adoptent la cause indienne jusqu’à devenir des guerriers cheyennes eux-mêmes.

Ce roman historique est très documenté et présente le point de vue des deux parties, on est en pleine guerre indienne. Jusqu’à l’adoption des héros par les Cheyennes, l’auteur explique le point de vue des autorités blanches. Les chasseurs n’ont aucune limite, ils visent un profit immédiat et rapide, ils exterminent purement et simplement les bisons, laissant leur viande pourrir sur place. Les bisons vivent sur les territoires indiens, reconnus par des traités de paix sans cesse bafoués alors que l’armée laisse faire. Les autorités veulent enfermer les Indiens dans les réserves et soutiennent les chasseurs, car ceux-ci détruisent le garde-manger des Indiens, ils sont censés leur fournir du bétail mais préfèrent laisser les famines s’installer, c’est un allié efficace dans la soumission et l’extermination des Indiens.

Evidemment, en retour, les Indiens vouent une haine totale aux Blancs de tous âges et en massacrent le plus grand nombre de manière barbare. Une génération a essayé de faire la paix, mais vu le comportement des autorités qui ne respectent pas les traités qu’ils ont eux-même imposés, les jeunes sont pour une guerre à outrance. En même temps ils sont conscients qu’ils n’ont plus d’avenir et multiplient les coups d’éclat désespérés. Tom est certainement le personnage le plus intéressant du livre par sa capacité à évoluer dans les deux milieux.

Je ne partage pas les avis très positifs sur ce livre, je reconnais le travail important de l’auteur pour nous livrer un récit très documenté et vraisemblable, plus près du document que du roman. Mais la barbarie et les massacres relatés tout au long de l’histoire, qu’il s’agissent des bisons ou des hommes m’est insupportable. J’ai rarement lu un livre aussi violent et sanglant, sans doute parce que je sais que c’est ce qui s’est effectivement passé à cette époque de la conquête de l’ouest. J’ai eu très envie d’abandonner cette lecture à maintes reprises, ce que je ne me serais pas permis pour un service de presse, mais j’ai trouvé l’expérience écoeurante. Au niveau de la forme, la mise en page de la version ebook est problématique, ce qui a contribué à me contrarier. Le choix de l’auteur de parler le langage indien quand on est chez eux est aussi lourd et dérangeant, il parle à plusieurs reprises de maisons voyageuses pour désigner le train et plusieurs autres exemples de ce type qui alourdissent inutilement le texte.

A l’heure de la cancel culture où l’on dénonce si fort l’esclavage et le racisme, je suis étonnée de voir que les autorités américaines ne s’excusent même pas d’avoir bâti leur pays sur les cadavres des Indiens exterminés. et ces horreurs ne remontent qu’à un siècle et demi.

#LAgoniedesgrandesplaines #NetGalleyFrance !

2 réflexions sur “L’agonie des grandes plaines, de Robert F. Jones

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