Rendez-vous en enfer, de Max Billancourt

Il s’agit d’un recueil de nouvelles policières sur le thème de l’enfer, mais pas au sens religieux puisque l’auteur se proclame athée. J’ai beaucoup aimé le livre consacré à son père, lu précédemment, et ce recueil est une déception en comparaison.

Certaines nouvelles sont originales et se démarquent des autres par leur qualité. Ma préférée est celle qui raconte l’histoire d’un policier à la retraite qui trouve un cadavre lui ressemblant dans son étang. Sur un coup de tête, il met son portefeuille dans la poche du mort et abandonne ses affaires sur place. Il est devenu anonyme et pense avoir trouvé la vraie liberté, il doit hélas vite déchanter, la vie de clochard est terriblement difficile et il se rend compte qu’il ne peut revenir en arrière sans risquer d’être accusé d’avoir assassiné l’inconnu qui lui ressemblait. Sa vie de retraité l’ennuyait au plus haut point, mais celle de SDF est devenue son enfer. L’histoire de l’écrivain qui a le pouvoir de tuer les personnes qu’il hait simplement en les touchant est très bien aussi.

Deux longues nouvelles mettent en scène des enquêtes d’un commissaire devenu détective privé et de son partenaire, un policier haut gradé qui prend de nombreuses libertés avec les procédures habituelles. Une des enquêtes se passe en Irlande et n’a aucune vraisemblance, un des méchants étant un énarque, l’auteur peut dire tout le mal qu’il pense de ses collègues.

Plusieurs nouvelles mettent en scène des écrivains, ce qui donne à l’auteur la possibilité d’expliquer sa conception de l’écriture, qui est avant tout réécriture. Il fustige la mauvaise qualité de la littérature contemporaine, avant tout commerciale et qui ne saurait être comparée à celle aux grand auteurs. Il en cite de nombreux et semble aimer tout particulièrement Céline, tout en précisant qu’il était un « salaud » malgré tout son immense talent.

Je n’ai pas aimé la langue employée par l’auteur, notamment l’argot, c’était moins gênant dans Le Daron. Je préfère les polars écrit dans une belle langue, je trouve que cela n’ajoute rien d’y mettre de l’argot. Un des écrivains héros du recueil raconte qu’une de ses lectrices s’est plaint de l’utilisation de ce langage et qu’il « s’en torche le fion », je suppose que ce personnage nous transmet exactement la pensée de son créateur sur le sujet.

Autre chose peu plaisante, à mon goût, les jeux de mots faciles sur les noms des personnages comme Abribus, qui vend du mobilier urbain et plusieurs autres du même tonneau.

Dans l’ensemble, je trouve ce recueil très moyen, il y a nettement pire et nettement mieux, un livre vite lu et vite oublié en fait. Mais bon en lisant une dizaine de livres par mois, on ne peut pas tomber toujours sur des chefs d’oeuvre. Merci à Netgalley et aux Editions Librinova pour ce partenariat.

#RendezvousEnEnfer #NetGalleyFrance

Rendez-vous en enfer

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