Le garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

Pierrot Fischer vit à Paris en 1936, il a sept ans et mène une vie insouciante avec sa maman. Anshel son petit voisin juif et son chien D’Artagnan sont ses meilleurs amis. Son père, allemand,  a été gravement traumatisé par la Grande Guerre et finit par se suicider en 1934. Seulement le temps de l’insouciance sera court, car la mère de Pierrot meurt de tuberculose. Il est d’abord recueilli par ses voisins, mais il est totalement inconscient de la situation des juifs et lorsqu’un mois plus tard il est envoyé dans un orphelinat, il pense être rejeté par la famille d’Anshel parce qu’il n’est pas juif et ne comprend pas qu’on ne veut pas le mettre en danger. La vie à l’orphelinat est bien plus agréable que ce à quoi il s’attend, même si le neveu des directrices le persécute. Quelques mois après son arrivée, sa tante Béatrix le réclame. Il part donc en Allemagne, dans les alpes bavaroises, rejoindre sa tante, gouvernante dans une grande maison.

Il ne s’agit pas de n’importe quelle maison, mais du Berghof, la résidence secondaire d’Hitler. Le maître des lieux le tolère à condition qu’il se tienne tranquille et ne dérange pas. Tout le personnel l’accueille avec une grande gentillesse, en particulier sa tante, le chauffeur Ernst et la cuisinière. Mais il est trop Français et sa tante change son prénom en Pieter, elle lui demande aussi de faire très attention avec sa correspondance avec Anshel et de ne jamais parler de lui. Peu à peu il est fasciné par le Fuhrer et le gentil Pierrot se transforme en Pieter, membre enragé des jeunesses hitlériennes.

Le roman raconte cette lente descente aux enfers de Pierrot, et surtout de ses proches qui ne seront pas épargnés et bien mal payés de leur gentillesse. Il est endoctriné à son insu et son désir d’être important et reconnu fera le reste. Toutefois il est adolescent à la fin de la guerre et connaîtra une rédemption inattendue (et très imméritée !). Rien n’est figé, parce que celui qui était le sale gamin de l’orphelinat mourra en jeune héros de la résistance tandis que le brave Pierrot sera devenu un monstre.

C’est un très beau livre et une réflexion très intéressante sur l’endoctrinement des jeunes et des membres les plus faibles de la société, thème qui n’a malheureusement rien perdu de son actualité. Pierrot deviendra un véritable monstre au fil des années. Cette histoire a dû concerner des milliers de jeunes Allemands et bien d’autres depuis cette triste époque, qui n’ont pas eu vraiment le choix. Comme dit si bien Jean-Jacques Goldman, si j’étais né en 17 à Leidenstadt …

Garçon au sommet de la montagne

3 réflexions sur “Le garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s