Le diable sur les épaules, de Christian Carayon

Un excellent polar historique qui se passe dans la campagne tarnaise en 1924.

Camille est institutrice dans la nouvelle école pour filles d’un petit village perdu dans la montagne. A la fin de l’année scolaire, elle compte partir avec son fiancé Edouard en Argentine. Un ouvrier agricole disparaît en décembre 1923, on le retrouve au bout d’une semaine au fond d’un ravin. On attribue son décès à un accident dû à l’alcool ou à un suicide. Camille pense que l’enquête a été bâclée et qu’il a été assassiné. Elle a peur dans son école isolée à l’extérieur du village. Edouard vient habiter le vieux moulin et passe souvent la nuit avec Camille en secret, car cela n’est pas convenable et les nouveaux venus ne sont pas appréciés dans cette communauté très fermée. L’ancien maire essaie de changer les habitudes et de lutter contre la désertification du village. Camille arrive à le persuader de faire appel à Martial, son ami d’enfance qui a abandonné ses études de criminologie après la guerre pour reprendre l’élevage de chevaux de son grand-père près de Bordeaux et qui participe à un cercle de détectives amateurs chevronnés et spécialisés dans le surnaturel. Les villageois pensent que le diable est en cause dans la mort du vieil homme.

Peu après l’arrivée de Martial, un riche fermier est tué à son tour et cette fois il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un assassinat. Le village est coupé en deux clans qui se détestent. Des rumeurs circulent attribuant la mort du fermier à la vengeance d’un orphelin dont le frère a disparu en 1914. Il est mort à la guerre et serait revenu de l’au-delà pour faire justice. Martial et Camille ne peuvent croire de telles sornettes et sont bien décidés à trouver l’assassin avec l’aide d’Edouard et de l’ancien maire.

Le village et ses habitants sont des personnages à part entière du roman, l’ambiance est pesante, la communauté déchirée par les intérêts et les vieilles haines. Les relations entre les personnes et les familles sont décrites avec beaucoup de justesse, les personnages sont très aboutis psychologiquement, les paysages magnifiquement décrits. L’ombre de la première guerre mondiale plane sur le village, tous les hommes en sont marqués physiquement ou psychologiquement.

Il s’agit d’un magnifique polar historique dans lequel on ne s’ennuie pas une seconde, un livre très abouti avec un dénouement inattendu. Un tout grand premier roman que je vous recommande chaleureusement.

Diable sur les épaules

Challenge Polars de Sharon (N°13)

 

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