Partir, c’est mourir, de Jean Mignot

Tout d’abord un grand merci à Netgalley et aux Editions Bookelis pour ce partenariat.

Le scénario de ce polar est séduisant, malheureusement le résultat n’est pas à la hauteur. Certes, ce n’est pas un ratage, mais un polar très moyen qui pouvait prétendre à mieux s’il n’avait pas eu autant de défauts. L’idée de base est intéressante : Une famille recomposée, l’homme s’occupe de mineurs délinquants, il est très connu dans le milieu policier et judiciaire, il a souvent aidé en toute discrétion les enfants de ses connaissances et passe pour un notable, homme et mari idéal. A la maison, c’est une autre affaire, Séverine, une de ses anciennes protégées vit quasiment chez eux, elle est sa maîtresse et ne cesse d’humilier sa femme Alice et Arthur, le fils de cette dernière, né d’une aventure adolescente. Alice se sent coupable de la mort de ses parents lorsqu’elle avait seize ans. Elle a épousé Frédéric son tuteur très jeune, mais leur relation s’est vite dégradée, son mari lui faisant subir mille humiliations en grand secret. Arthur fête ses quinze ans et ne supporte plus les mensonges et les tromperies de son beau-père.

Séverine est devenue la protégée de Frédéric des années auparavant lorsqu’elle était mineure, mais elle est restée marginale et vit à ses crochets, prenant grand plaisir à martyriser la femme de son amant, toutefois, elle a un ami musulman fondamentaliste qui l’a poussée à se convertir et à partir avec lui en Syrie faire le jihad. Elle annonce sa décision à Frédéric qui lui ouvre les yeux sur la réalité qui l’attend là-bas. Le lendemain, elle prévient Anouar de son renoncement au jihad et à sa conversion, il entre dans une violente colère et menace publiquement de la tuer. La nuit suivante, elle est attaquée devant chez elle et grièvement blessée.

L’enquête est confiée à Jérôme et son équipe, un policier plutôt sentimental. Tout semble indiquer qu’Alice ou Arthur sont coupables, mais Jérôme ne peut le croire, Anouar est introuvable et il espère que la piste islamiste sera la bonne d’autant plus que Frédéric se fait menacer de mort par le jeune homme, avant que la grand mère d’Alice soit aussi agressée et presque tuée.

Ce scénario intéressant est plombé par plusieurs défauts, à commencer par une syntaxe lacunaire. Le « ne » de la négation est très souvent oublié, mais le plus énervant, c’est le style parlé. Les phrases comme « j’te l’dis » sont légions dans le roman, tous les dialogues en sont truffés, comme si tous les personnages, quel que soit leur statut social parlaient comme des adolescents. Et ceci se répète tout au long des pages. Les personnages sont assez stéréotypés, ce qui enlève à leur crédibilité, l’auteur force trop le trait. Le fin mot de l’histoire ne surprend pas du tout le lecteur, on le voit venir de très loin et on se demande comment des policiers et des magistrats peuvent être si naïfs. C’est dommage, parce que l’idée de base était bonne et que ce livre aurait pu être nettement mieux. il reste toutefois agréable à lire, même si ce n’est pas un chef d’oeuvre qui marquera la littérature policière.

Partir c'est mourir

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Challenge Polars de Sharon

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4 réflexions sur “Partir, c’est mourir, de Jean Mignot

      1. J’espère surtout que je n’en ai pas oublié ! Je l’espère ! Le prochain bilan sera double, parce qu’entre les 176 liens de Belette, tes 89 et mes 186, j’ai peur que certains participants n’y voient plus très clairs !

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