L’hérétique et son commis, de Ellis Peters

Branle-bas de combat à l’abbaye de Shrewsbury, le chanoine Gerbert s’y arrête pour quelques jours car son cheval boîte et il ne peut continuer sa mission diplomatique qui le menait au Pays de Galle. C’est un visiteur intransigeant et très imbu de lui-même que l’abbé Ranulphe n’apprécie guère, mais il est bien obligé de l’accueillir comme le visiteur de marque qu’il est. En même temps que lui arrive un jeune homme transportant un cercueil, il s’agit d’Olivier qui ramène le corps de son patron, Maître William, mort en pèlerinage et qui désire être enterré à l’abbaye, car il compte parmi ses bienfaiteurs. Il doit aussi apporter un beau coffret de bois sculpté en guise de dot à Fortunata, la fille adoptive de William.

Olivier présente sa requête lors du chapitre, en pensant qu’elle sera acceptée sans problème, mais c’était sans compter sur Gerbert, dont l’assistant se souvient que William avait eu une controverse des années auparavant avec un prédicateur ambulant sur certaines questions de foi. Radulphe est un homme tolérant, mais Gerbert veut s’assurer que William avait bien renié ses erreurs et qu’il est mort en règle avec l’Eglise. S’en suit un interrogatoire poussé du jeune homme avant qu’on lui accorde ce qu’il demande. Il s’en va ensuite remettre le coffret et annoncer la nouvelle à la famille de William. Dame Margaret lui dit qu’ils ont un nouveau secrétaire et qu’il ne pourra pas récupérer son emploi, ce qui convient très bien à Olivier qui désire aller voir plus loin.

Le secrétaire de la famille est un homme rongé par le doute, persuadé qu’on le chassera au profit d’Olivier et Conan, le berger, trouve un intérêt soudain à Fortunata, depuis qu’elle a reçu ce mystérieux coffret comme dot.  Ils comprennent vite que les deux jeunes gens sont attirés l’un par l’autre et ils décident de tendre un piège à Olivier pour le faire accuser d’hérésie et en être débarrassé. Toutefois , ils sont vite débordés par la machine infernale qu’ils ont mis en route et il faudra tout le talent d’Hugh et de frère Cadfael pour venir en aide aux tourtereaux menacés.

Ellis Peters nous fait visiter le moyen âge anglais sous ses différents aspects. Ce qui est exploré ici est le commerce de la laine et des parchemins, mais surtout la chasse à l’hérésie, très peu présente en Angleterre, mais bien développée sur le continent où le catharisme se développe de manière fulgurante. Gerbert a voyagé en Europe et craint la contagion. Ranulphe et Cadfael sont au contraire tolérants et opposés aux bisbilles théologiques, mais ils sont plus nos contemporains que des hommes de leur temps avec les questions qu’ils se posent. C’est sans doute cette modernité qui fait l’intérêt de la série, en plus des intrigues policières, c’est un peu Les visiteurs à l’envers, des hommes de notre temps en visite au moyen âge. Un autre point vraiment étonnant, c’est que l’auteur utilise toujours le même schéma, et pourtant, on a chaque fois l’impression de découvrir un autre roman, toujours aussi intéressant. C’est une gageure de raconter vingt fois la même histoire en utilisant des variantes et que pourtant le lecteur garde plaisir à découvrir les aventures de ce moine détective si peu médiéval.

Hérétique et son commis

challenge polar

Challenge polars de Sharon

 

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