La confession de frère Haluin, d’Ellis Peters

Cette seizième aventure de frère Cadfael est différente des précédentes. Hugh n’y participe pas et les éléments historiques donnés au début sur le siège d’Oxford ne sont pas utilisés non plus. Un épisode hors de la guerre que se livrent Etienne et Mathilde pour la couronne d’Angleterre, même si Cadfael traverse à un moment donné une région qui peine à se relever de l’invasion normande survenue soixante ans auparavant.

L’hiver est rude et l’accumulation de neige a abimé le toit de l’hôtellerie de l’abbaye de Shrewsburry, les moines se relayent deux par deux durant quelques heures pour le réparer sous les ordres de frère Conradin, le charpentier. Frère Haluin très doué pour l’enluminure est du dernier groupe de la fin de l’après-midi, il se montre imprudent et tombe. Il se blesse à la tête, mais surtout aux jambes. C’est un jeune frère très strict dans son observation de la règle, tout le monde pense qu’il va mourir dans la nuit. Alors que Cadfael prend soin de lui et le veille à l’infirmerie, Haluin demande à se confesser à l’abbé. Il raconte qu’il n’a pas la vocation, mais qu’il est entré à l’abbaye dix-huit ans plus tôt après avoir été chassé du domaine sur lequel il tenait les écritures. Il était amoureux de la fille de sa maîtresse qui lui a refusé sa main, même s’il était de bonne famille et héritier d’un bon manoir. Les jeunes gens ont passé outre et la fille est tombée enceinte. Comme Haluin avait commencé son noviciat comme aide de Cadfael, Dame Adélaïde lui a demandé de lui procurer des herbes abortives que le jeune homme a dérobé à son maître. Adélaïde lui a ensuite appris que Bertrade et le bébé n’avaient pas survécu à l’avortement. Depuis, Haluin se sent coupable de ces péchés non confessés et s’est infligé toutes sortes de pénitences. Il fait le voeux que s’il survit contre toute attente à cet accident il ira demander pardon à son ancienne maîtresse et prier une nuit sur la tombe de son amante.

Il s’en sort, même si ses pieds mutilés l’obligeront à se déplacer difficilement avec des béquilles. Le jugeant assez remis, l’abbé l’autorise à faire son pèlerinage, mais lui impose la présence de Cadfael pour l’aider. Les deux hommes arrivent au bout de trois jours chez dame Adélaïde qui les reçoit fraîchement, puis ils s’apprêtent à passer la nuit devant le tombeau de la famille avant de rentrer à l’abbaye. Haluin ne connaît pas le prêtre qui les accueille et leur apprend très innocemment que la tombe n’a pas été ouverte depuis plus de trente ans et que la femme dont parle Haluin doit être enterrée dans le fief principal de la famille. Les deux bénédictins repartent pour trois jours de marche et à peine arrivé, ils iront de surprise en surprise.

Même si on pressent rapidement les grandes lignes de l’histoire, elle reste passionnante à lire grâce au talent de conteuse de l’auteur. Même cette histoire de vengeance somme toute assez banale accroche le lecteur. Ellis Peters réussit à nous conter toujours la même histoire d’amour de manière différente et sans nous lasser, ce qui est un exploit. Le contexte historique a peu d’importance dans ce roman et on n’apprend finalement pas grand chose de plus sur cette époque dans ce livre. Pourtant, pas une minute d’ennui.

Confession de frère Haluin

Mois du polar 2

Mois du polar de Sharon (N°68)

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2 réflexions sur “La confession de frère Haluin, d’Ellis Peters

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