Le petit prince des Aulnes, d’Emile Venturi

Tout d’abord un grand merci à Netgalley pour ce partenariat.

Je n’ai pas lu en entier le résumé avant de demander ce livre et et mal m’en a pris. Je m’attendais à un polar fantastique ou un livre fantasy jeunesse et ça n’a rien à voir. Normalement j’aime les polars et les thrillers mais je me vois obligée de faire quelque chose que je déteste : Faire une chronique la moins négative possible sur un livre que j’ai détesté dès le premier chapitre et que j’aurais abandonné très rapidement si je ne l’avais pas reçu en partenariat.

Ce livre a trois niveaux narratifs, le premier est celui du narrateur Ettore, aux prises avec le commissaire Luciole pour lui faire raconter son histoire et celle de Marco Lepeltier, il est clair qu’on est dans un histoire racontée, car on ne parle jamais des hommes, ou des gens, mais toujours des personnages. C’est très déroutant au début, mais une fois qu’on a compris le schéma, cela n’est plus gênant.

C’est le deuxième niveau narratif qui m’a rendu cette lecture si désagréable. L’auteur y décrit sur des centaines de pages les scandales qui ont secoué la classe politique française sous les présidences de Mitterrand et de Chirac, en particulier comment des hommes d’affaires sans scrupules ont profité des diverses crises nationales et internationales comme le guerre entre Tutsis et Hutus. Si certains évènements appartiennent à l’Histoire comme Mai 68 et sont clairement identifiables par la citoyenne suisse que je suis, d’autres relèvent vraiment du microcosme politicien parisien et ne vont intéresser que les passionnés des dessous des Affaires. Ces affaires obscures ne sont déjà pas intéressantes en soi mais le gros problème de ce livre vient du langage utilisé. L’auteur a cru nécessaire d’inventer une sorte d’argot et de verlan pour parler des dites affaires. Si certains mots sont compréhensibles et clair comme l’amiral de la Trique, Francis Rimettand , son fils Marie-Christian ou encore Jacky Richac, d’autres termes sont beaucoup plus obscurs. Alors des centaines de pages de commentaires sur des affaires qui ne vous intéressent pas dans un langage obscur, c’est vraiment insupportable, fatiguant et ça donne furieusement envie d’abandonner ce livre. Je ne sais pas pourquoi Emile Venturi a employé cette pseudo-langue qui donne de l’urticaire au lecteur le plus patient. On peut très bien raconter les scandales et les dessous de la cinquième République en bon français, en utilisant des personnages fictifs comme l’a très bien réussi François Médéline dans La politique du tumulte, un livre tout à fait passionnant, à des années-lumières de celui-ci.

Le troisième niveau est celui de l’histoire elle-même, qui raconte comment Marco Lepeltier, un enfant abandonné par sa mère est devenu un industriel archi-millionnaire. Il est sans scrupule et dispose de « neveux » assassins à son service. Le commissaire Luciole, qui appartient à une cellule de l’Elysée, enquête sur lui et ses crimes jusqu’à ce que ce monstre réussisse à se faire nommer Ministre de l’intérieur ( = Ménestrel du Cube Ordonné !) en faisant chanter Chirac et renvoie le commissaire à ses chères études, ne prenant même pas la peine de le tuer. Cette intrigue est assez indigente et pas vraiment passionnante. Comble de malchance, je ne sais comment l’histoire finit car les vingt-cinq dernières pages ont brusquement disparu de ma tablette, et impossible de les retrouver (ce qui n’est pas grave vu mon intérêt pour ce livre).

Sauf pour les personnes qui connaissent très bien les scandales qui ont marqués les années 1980-2006 et qui s’y intéressent beaucoup, ce livre ne générera qu’un énorme ennui, la faute à son langage particulier.

Avant de m’y lancer, je pensais que le titre était une allusion à Saint Exupéry, ce qui m’a donné envie de connaître ce livre, mais en fait c’est une allusion à Goethe et à Michel Tournier. Une très grosse déception pour moi.

petit prince des aulnes

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Challenge polar de Sharon N°60

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