Pottsville 1280 habitants, de Jim Thompson

Il s’agit de la première traduction intégrale de ce texte, paru autrefois sous forme tronquée dans la célèbre Série noire.

J’étais impatiente de découvrir ce roman noir très connu outre-Atlantique, il me laisse une impression un peu mitigée. On y suit les aventures de Nick Corey, shérif d’une bourgade texane nommée Pottsville en 1917. Nick est marié à Myra, une vraie mégère, il aime surtout manger, dormir et courir les filles, il ne fait pas son travail et pense que de laisser ses concitoyens tranquille est le meilleur moyen d’assurer sa réélection à l’automne. Tout le monde se moque de lui et il se contente de toucher des pots-de-vin sur les activités peu légales comme le bordel. Robert Lee, le quincailler -juge d’instruction lui dit que ça ne peut plus durer et qu’il doit absolument se mettre à faire son travail s’il ne veut pas être battu aux prochaines élections par Sam, qui fera un bien meilleur shérif.

Un jour il se rend par le train dans une ville voisine pour demander conseil à son ami et collègue Ken Lacey. Il commence par s’extasier de la grandeur et des merveilles de cette mégalopole de quatre mille habitants, ce qui met en avant sa naïveté et son manque d’intelligence. Il raconte à son ami Ken que tout le monde se moque de lui et qu’il en a marre, surtout de l’attitude des deux maquereaux. Ken aime humilier les autres, en particulier son adjoint Buck et Nick n’y coupe pas non plus. En fin de journée Buck le reconduit à la gare et les deux hommes mettent sur pied un plan diabolique.

A son retour, Nick passe au bordel voir ce qui se passe, se dispute avec les deux tenanciers et les tue. Au milieu de la nuit Ken débarque chez Nick qui n’a pas de chambre d’amis et lui conseille d’aller passer la nuit au bordel, vu que le petite ville n’a pas d’hôtel. Le lendemain, Ken se vante d’avoir réglé leur compte aux maquereaux sans savoir que Nick les a effectivement tués et se trouve ainsi pris au piège.

Rose, une des maîtresses de Nick, qui fait semblant d’être une amie de Myra pour voir le shérif, est régulièrement battue par son mari. Nick l’abat et fait porter le chapeau à Oncle John, un vieux noir inoffensif. Nick se met à régler tous ses problèmes de la même façon et se trouve happé dans une spirale infernale qui lui fait commettre de nouveaux meurtres par procuration.

J’ai trouvé Nick sympathique jusqu’au meurtre d’Oncle John, abattu pour le faire accuser du meurtre de Tom. Certes, au Texas en 1917, les Noirs étaient maltraités, mais jusqu’à ce moment Nick semblait animé d’un minimum de sens de la justice en s’attaquant à des crapules qui opprimaient des femmes. A partir de ce moment le shérif devient vraiment machiavélique pour se débarrasser de ses ennemis, et même de sa maîtresse. La scène dans laquelle Nick couvre de Sam de ridicule est très réussie.

Ce roman est très noir et dégage un certain humour très noir aussi. J’avais entendu parler de ce livre comme d’un polar humoristique, et si c’est l’impression qui se dégage du début du livre, elle est vite contrebalancée par le côté machiavélique et amoral de Nick et de ses pièges. La fin est totalement ouverte et on ne sait pas du tout comment l’histoire se termine. Une certaine déception, mais qui ne m’empêchera pas de découvrir d’autres polar de cet auteur, toutefois, son roman-phare ne m’a pas entièrement. convaincue.

pottsville 1280 habitants

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Challenge Polar de Sharon N°59

 

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