Retour à Whitechapel, de Michel Moatti

Je ne m’étais jamais intéressée en détail à l’histoire de Jack L’Eventreur, voilà qui est chose faite grâce à cet excellent roman de Michel Moatti. Il se livre à une enquête très documentée et passionnante sous le couvert d’un roman historique.

Amy Pritlowe est infirmière au London Hospital durant le Blitz en 1940/41. Elle a déjà été infirmière militaire en Argonne durant la première guerre mondiale et n’ignore rien des ravages que font la guerre. En septembre 1941, son père meurt et lui laisse une lettre lui expliquant la vérité sur sa mère. Elle a toujours cru que celle-ci était morte de maladie alors qu’elle n’avait que deux, elle pense avoir vécu toute son enfance dans la boutique de son père avant de partir en France avec lui à l’âge de treize ans. Son père lui révèle que sa mère n’a pas été emportée par une maladie, mais qu’elle est la dernière victime de Jack l’Eventreur, connue sous le nom de Mary Jane Kelly.

Mrs Pitlowe en est évidemment bouleversée et s’inscrit dans un club spécialisé dans l’étude de Jack à l’ambiance encore très victorienne et misogyne. A force d’assiduité, elle s’y fait accepter et un pharmacien retraité se prend d’amitié pour elle. Amy comprend qu’elle doit étudier le contexte de l’époque, déjà très différent de celui de 1940. Mr Buir l’aide et ensemble ils découvriront ce qui s’est vraiment passé la nuit du 9 novembre 1888, puis ils mettront au point une vengeance efficace.

Le roman est présenté sous la forme du journal que tient Amy sur ses recherches principalement et aussi un peu sur la vie à Londres durant le Blitz. Ceci m’amène à faire un lien avec un autre polar que j’ai beaucoup aimé, L’assassin des ruines, de Cay Rademacher qui se passe dans la ville d’Hambourg dévastée par les bombes en 1945, ce qui fut la réponse des Alliés au Blitz. Et dans les deux cas ce sont surtout les femmes et les enfants qui furent les premières victimes.

Michel Moatti nous présente le contexte de l’époque. Il y a à la fois des gens très riches et très en vue  dans les quartiers huppés et d’autres vivant dans une misère noire dans le quartier de Whitechapel. Les conditions de vie des ouvriers et en particulier des ouvrières sont épouvantables, ils n’ont aucune protection et travaillent sans norme sanitaire dans des industries dangereuses, comme la fabrication d’allumettes (vapeur de phosphore). Les victimes de Jack sont des prostituées occasionnelles, des femmes qui utilisent toutes les occasions de gagner quelques sous, y compris vendre parfois leur corps. Elles n’ont souvent pas de domicile fixe, allant d’un asile de nuit à l’autre, elles sont pour la plupart malades et alcooliques. La solution de l’énigme proposée par l’auteur me semble très cohérente, surtout que Jack aurait commis encore trois meurtres après 1888, sans jamais se faire prendre.

Une lecture très agréable à ne pas manquer.

Retour à Whitechapel

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Challenge Polar de Sharon N°44

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