Désert solitaire, d’Edward Abbey

Voici un livre que j’ai lu grâce au Picabo River Book Club, dont c’était la lecture commune du mois de septembre. Je connais mal la littérature américaine en dehors des polars et je suis très contente d’avoir trouvé ce Club très sympa pour la découvrir.

Cet ouvrage me change beaucoup de mes lectures habituelles et j’ai eu de la peine à y entrer, il m’a d’ailleurs fallu une semaine pour lire ses 350 pages, ce qui est aussi très inhabituel pour moi.

Edward Abbey  a été ranger  dans le Parc national des Arches durant deux saisons au cours des années 1960. Il raconte son expérience et surtout son rapport très contemplatif avec la nature et toutes les formes de vie qu’il y rencontre. Il ne se passe pas grand chose dans son travail, car le parc est encore peu fréquenté par les touristes. Il décrit la nature avec une grande poésie et une langue d’une incroyable richesse. Il arrive à décrire les nuances invraisemblables des roches ou les couleurs des fleurs de façon fantastique. Il qualifie lui-même son livre d’élégie et c’est effectivement un superbe poème en prose sur les paysages du sud de l’Utah.

Mais le mot élégie désignait dans l’Antiquité un chant de mort et c’est bien de la mort de cette nature préservée dont nous entretient Abbey. Il s’en prend violemment aux services des parcs nationaux qui sacrifient la nature et l’environnement au profit des lobbys industriels (génie civil, automobile, services inutiles) sous le prétexte de rendre les parcs accessibles à tous en les goudronnant. Le texte date de cinquante ans, mais il n’a pas pris une ride, bien au contraire. L’auteur raconte plusieurs des expéditions grandes ou petites auxquelles il s’est livré durant ces deux ans. J’ai particulièrement aimé la descente du Colorado effectuée avec son ami Ralph et j’ai partagé leur tristesse de savoir que ce site magnifique est désormais enfoui sous le lac Powell, devenu zone de loisirs dédié surtout aux bateaux à moteurs et aux excursions en jeep. Ils sont les seuls hommes blancs à avoir exploré certains canyons désormais noyés et ils savent nous faire partager leur émotion. Ce livre donne envie d’aller voir la nature près de chez soi et de l’apprécier tant qu’on peut.

Tous les récits de ses découvertes sont passionnants. J’ai trouvé que les descriptions de la nature étaient parfois trop longues et limite ennuyeuses. J’avoue que j’aurais préféré que le livre comporte cent pages de moins et j’ai souvent compté les pages me séparant de la fin, Mais c’est surtout parce que je suis peu habituée à lire des textes très contemplatifs. J’ai d’ailleurs peu apprécié Walden de Thoreau il y a quelques semaines. Toutefois je pense qu’il est important de sortir de sa zone de confort à certains moments pour découvrir des livres qu’on n’aurait jamais lus autrement.

Les idées et la philosophie d’Abbey étaient visionnaires pour leur époque et restent entièrement valables pour nous, ce qui fait tout l’intérêt de redécouvrir cet auteur.

Désert solitaire

Challenge Le mois américain N°4

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