Le Sphinx du laurier rose, d’Edith Habersaat

Tout d’abord un grand merci aux Editions Slatkine pour ce partenariat qui m’a permis de découvrir cette auteure suisse que je ne connaissais pas malgré les nombreux livres qu’elle a écrits.

Sophia Cambertat trouve un jour une lettre anonyme dans son courrier, le corbeau menace de divulguer son secret sur la place publique. C’est l’occasion pour cette femme de repenser à son histoire. Lorsqu’elle était adolescente, ses parents ont déménagé de la ville (jamais nommée, mais sans doute Genève) dans un village de montagne. On connaîtra la raison de ce changement beaucoup plus loin dans le livre. Sophia est alors apprentie employée de commerce et travaille quelques soirs par semaine au café de l’Edelweiss, ses parents sont maçon et femme de ménage. Edgar, un étudiant fils d’un riche homme d’affaires tombe sous le charme de Sophia, un soir qu’elle a un bas filé, il aime sa simplicité, sa proximité avec la nature, il étudie lui-même les insectes et en particulier les sphinx du laurier rose.  Malgré l’opposition de sa mère, Edgar épouse Sophia, ils ont deux enfants. Les années passent, Boris l’ainé est devenu biologiste comme son père, il est homosexuel, mais le père et les grands parents regardent ailleurs. Le cadet Martin a toujours été protégé par sa mère suite à un accident de tricycle qui l’a rendu épileptique dans son enfance. Il est le contraire de son frère, peu brillant à l’école, collectionnant les échecs et pistonné dans la compagnie d’assurance gérée par son grand-père.

Les lettres anonymes et les différents évènements qui affectent sa famille forceront Sophia à regarder au-delà du vernis si lisse qui recouvre sa vie. C’est une dure prise de conscience et le début d’une terrible descente, mais l’espoir d’une renaissance est au bout du chemin. La réalité rattrape les apparences si jolies.

Le sphinx est le symbole de sa famille et de sa vie, c’est un papillon très beau et coloré par dessus et très moche par dessous, ressemblant à un bombardier selon Sophia, qui se compare souvent à une petite phalène emprisonnée dans une toile d’araignée dont elle ne peut sortir. Les insectes divers jouent un rôle important dans cette histoire.

Sur la couverture il est précisé roman comme genre, mais dans la lettre accompagnant l’ouvrage, l’éditeur le qualifie de polar / thriller. Ceci m’a fait réfléchir car l’enquête de la police à propos du petit trafic de drogue de Martin est vite réglée et ne prend que quelques paragraphes, il n’y a pas non plus de meurtres, sinon deux accidents mortels dans le passé et le présent. Il faut y voir « Thriller » comme « adultère » dans La femme adultère de Camus, Sophia est bien victime d’un meurtre symbolique opéré par son mari, mais surtout sa belle-famille.

Ce très beau portrait de femme est servi par une écriture magnifique et poétique qui fait penser à celle de Patrick Modiano. Ce livre est vraiment un bijou qu’il vaut la peine de découvrir.

Sphinx du laurier rose

challenge polar

Challenge polar de Sharon N°21

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5 réflexions sur “Le Sphinx du laurier rose, d’Edith Habersaat

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