Rue des boutiques obscures, de Patrick Modiano

Hutte, un baron balte ferme son agence de détectives privés à Paris et part pour Nice pour y passer sa retraite. Il laisse ses clés à son employé Guy Roland avec qui il travaille depuis dix ans et lui dit qu’il peut continuer à utiliser le local s’il le désire. En fait Guy ne s’appelle pas Guy, il est amnésique depuis plus de dix ans et c’est Hutte qui lui a fourni cette nouvelle identité. Il ne sait pas du tout qui il est et enquête sur son passé. Il dispose pour cela de quelques indices, des annuaires et botins de France et de l’aide de Bernardy, un autre détective privé, ami des deux autres.

Guy rencontre différentes personnes issues de son passé… ou pas. Un patron de restaurant le reconnaît vaguement et lui dit qu’il venait souvent autrefois avec un émigré russe prénommé Stioppa. Guy arrive à le retrouver, celui-ci ne le reconnait pas mais lui parle de sa famille et de la communauté émigrée, en particulier de Gay Orlow, une jeune fille émigrée aux USA puis en France. Il lui donne une boite de photos. Guy remontera ainsi les traces de nombreux personnages aux noms et passeports compliqués. Il cherche en particulier Denise Coudreuse et Freddie Howard de Luz.

Finalement on ne sait pas si Guy est vraiment ce Pedro – ou Jimmy- auquel il finit par s’identifier après avoir cru être tous les personnages évoqués. Est-ce vraiment lui ou une identité suggéré par le hasard de ses rencontres ? On le saura pas et ça n’a pas vraiment d’importance. Freddie lui échappe au moment où il allait enfin le retrouver.

Les scènes narratives alternent avec les fiches de renseignements brutes fournies par Bernardy. C’est seulement à la fin qu’on sait que le roman se passe en 1965, mais il évoque les années sombres de l’occupation à Paris. On visite un Paris disparu et en même temps toujours présent. Il se dégage une grande magie de l’écriture de Patrick Modiano. J’aime en particulier le passage où un homme effrayé écoute les voix du passé sur une ligne téléphonique non attribuées depuis cette époque lointaine et effrayante, il entend notamment la voix de l’assassin de son mailleur ami, jamais arrêté.

Comme c’est une enquête menée par un détective privé sur son propre passé, on peut aussi le ranger dans la catégorie des thrillers, mais complètement atypique et vraiment envoûtant. Ce n’est pas le premier livre de Modiano que je lis, mais j’ai eu grand plaisir à redécouvrir l’univers nostalgique de cet auteur et je vais en lire d’autres.

Rue des boutiques obscures

challenge polar

Challenge polars de Sharon N°15

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5 réflexions sur “Rue des boutiques obscures, de Patrick Modiano

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