Chagall, de Ingo F. Walther & Rainer Metzger

Un magnifique petit livre acheté il y a longtemps pour les belles reproductions des tableaux de Chagall lors d’une exposition, mais jamais lu. Je viens de combler cette lacune.

Les auteurs nous présentent l’oeuvre du peintre selon un ordre chronologique. Il est né en Russie en 1887, dans une famille juive pauvre, son père était un modeste employé dans une fabrique de harengs. Il fréquente l’école primaire juive, mais grâce aux relations de sa mère il peut suivre l’école secondaire publique, ce qui était très rare pour un enfant juif, puis des cours de peinture. En 1906 il part à Saint Petersbourg étudier l’art, puis en 1910 à Paris.

Il y vivra quatre ans, au contact de l’avant garde et des cubistes. Il s’en inspire mais veut aller plus loin. Il est très pauvre, n’a aucun succès et a le mal du pays. Il idéalise la vie des paysans juifs de son enfance et cela influence fortement sa peinture avec les personnages typiques qu’il y introduit : les paysans, les vieux juifs, les violonistes et surtout les animaux.

En 1914 il revient en Russie, pour quelques mois, croit-il, mais à cause de la guerre et de la révolution, il y restera jusqu’en 1923. Il se marie en 1915 avec Bella, le couple est très heureux et son bonheur irradie sur les toiles de cette période. Peu à peu, le conflit prend le pas sur sa joie de vivre. Grâce à son beau-frère il peut éviter de partir au front et passe la guerre dans un bureau à s’occuper de paperasserie, c’est une période de non création pour lui. La révolution l’enthousiasme, il dirige l’école d’art de sa ville natale. Rapidement, les autorités lui retirent leur confiance car il ne se plie pas assez à la vision réaliste de l’art que désire la propagande soviétique.

N’attendant plus rien de son pays, il revient en France avec sa famille en 1923 et entame les dix années les plus heureuses de sa vie. Il peint beaucoup et trouve enfin la reconnaissance qu’il souhaitait depuis longtemps. A la fin des années trente, il prend conscience des dangers qui menacent son peuple. Il peint La crucifixion blanche comme une réponse au Guernica de Picasso. La guerre et l’Occupation sont un nouveau sujet d’angoisse, en 1941 il est pris dans une rafle à Marseille et ne doit son salut qu’a l’intervention des USA. Il quitte la France avec sa famille pour New York où il vivra jusqu’en 1948 avant de revenir en France définitivement. Bella meurt en 1947 et Chagall traverse le désert à ce moment.

Pour les auteurs, il n’a plus rien eu de nouveau à dire après la mort de Bella. Il a repris ses thèmes fétiches et les a décliné à l’infini jusqu’à les priver de toute signification. Personnellement, tous les tableaux de Chagall font vibrer une corde sensible en moi et je trouve ce jugement beaucoup trop dur, mais je ne suis pas une spécialiste de l’art.  C’est un petit livre très agréable qui permet une approche rapide et globale de son oeuvre. Cette collection est connue pour son excellente qualité des reproductions de tableaux et son prix doux pour cette qualité.

Chagall

 

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