L’ange des ténèbres, de Caleb Carr

Un polar vraiment génial, pour le moment c’est mon coup de coeur 2018, bon ce n’est pas vraiment une nouveauté et j’aurais pu le lire il y a longtemps.

On retrouve les personnages de L’aliéniste pour une poursuite encore plus folle et incroyable dans le New York de 1987. Ici c’est Stevie, treize ans au moment des faits et non plus John, le narrateur, ce qui m’a posé problème au début. L’institut du Dr Kreizler est sous enquête durant deux mois suite au suicide d’un pensionnaire, il est confié à un pasteur en attendant le résultat de l’enquête et Lazlo n’a plus le droit de s’y rendre durant cette période qui s’annonce très difficile pour lui. Sara est devenue détective pour dames. D’habitude elle est consultée pour des affaires d’adultère, mais ce soir là elle est sûre de tenir une affaire passionnante et difficile. Elle réunit l’équipe autour de la femme du consul d’Espagne venue lui demander de retrouver sa petite fille kidnappée. La guerre entre son pays et les USA est sur le point d’éclater et son mari refuse d’avertir la police de l’enlèvement, il l’a même sauvagement battue quand elle a voulu le faire. La petite Ana a été enlevée en plein jour devant un musée et quelques jours après sa mère l’a vue avec une autre femme dans le métro. La senora Linares s’adresse à Sara et ses amis pour une enquête discrète.

Kreizler et ses amis appliquent leurs méthodes scientifiques non encore reconnues et ne tardent pas à identifier la coupable grâce à un portrait robot. Il s’agit d’une infirmière sans doute mêlée à la mort de plusieurs bébés.  La police ne veut rien savoir malgré les soupçons accablants qui pèsent sur elle. Une bande de voyous la protège et la traque se révèle des plus difficile. Un polar tout à fait passionnant et sans aucun temps mort.

Si L’aliéniste avait pour sujet la misère des émigrés et des pauvres, ici il s’agit de la condition féminine. Les femmes sont à la fois soumises et protégées. Leur seul rôle reconnu est de devenir mère, elles en sauraient être « complètes » sans enfants. Le Dr Kreizler et ses amis ont beau expliquer preuve à l’appui que Libby est une tueuse en série à cause de ce contexte, personne ne les croit. On ne peut admettre qu’une femme tue des enfants et encore moins ses propres enfants.

Un polar vraiment passionnant, sans temps mort. Je regrette seulement que Caleb Carr n’ait pas exploité ses personnages dans une série plus longue. Ils sont attachants. De plus c’est très intéressant au niveau de l’histoire des mentalités. La scène du procès est tout à fait parlante. La résistance aux méthodes scientifiques est aussi étonnante, surtout quand on voit l’Amérique comme un pays en avance sur le reste du monde, mais ce n’était assurément pas le cas à ce moment.

l'ange des ténèbres

Publicités

La visite de la vieille dame, de Friedrich Durrenmatt

Cette pièce de théâtre en trois actes est un des chefs d’oeuvre les plus connus de la littérature suisse. Durrenmatt, fils et père de pasteurs à l’âme tourmentée y explore la noirceur du coeur humain comme il aime le faire dans son oeuvre.

Klara Zahanassian revient dans son village natal pour fêter son huitième mariage. Elle l’a quitté en 1910 et depuis ce temps, elle est devenue milliardaire. La petite ville de Gullen est ruinée et espère beaucoup de cette visite. Tous les notables attendent Klara sur le quai de la gare. Celle-ci arrive avec ses maris et quelques serviteurs, sans oublier sa panthère noire. On l’accueille avec les discours les plus hypocrites qui soient pour ne pas rappeler son enfance misérable. Le maire pense que son amoureux de jeunesse Alfred Ill sera le plus à même de passer la pommade à Klara et a organisé une balade pour eux sur les lieux de leur amour d’autrefois, ils évoquent le passé de façon douce amère. Lors du diner de gala donné en l’honneur de Klara, elle annonce qu’elle donnera un milliard à la ville en échange de la vie d’Alfred. Celui-ci l’a mise enceinte autrefois et a payé des témoins lors du procès de recherche de paternité. Ainsi Klara a dû quitter la ville et se prostituer pour survivre. Alfred est un des plus important notable de la ville et le maire décline la proposition, mais la vieille dame lui répond qu’elle attendra.

La vie reprend son cours normal à Gullen, tout le monde affirme son soutien à Alfred. Pourtant le commerçant voit que ses voisins achètent de plus beaux articles, il sent son angoisse monter et va voir la police puis le maire, mais tous affirment que la proposition de  Klara n’est qu’une plaisanterie.

L’angoisse monte et la cupidité se dévoile peu à peu. Même si les notables essaient de sauver la face, on comprend vite que le sort d’Alfred est scellé. Chacun est mis devant ses responsabilités, Klara refuse de changer ses conditions pour un investissement dans la ville et Alfred de se suicider pour faciliter la tâche du maire. Durrenmatt interroge chacun de nous sur nos motivations cachées et les zones d’ombre de nos coeurs. Cette pièce est plus sombre que d’autres où l’auteur explore la notion de grâce. Ici pas de grâce, ni de rachat, seulement la noirceur et l’hypocrisie. Cette pièce est un grand classique que tous les lycéens romands ont lu en allemand. L’auteur a résidé durant des décennies dans ma ville et sa maison a été transformée en centre culturel après sa mort.

la visite de la vieille dame

 

 

La cabane, de William Paul Young

Mack est battu par son père, un homme religieux, intransigeant et alcoolique qui frappe autant sa femme que son fils. A treize ans, il met du poison dans son whisky et s’enfuit. Il vit de petits boulot, fait une formation théologique et finit par fonder une famille heureuse avec une femme profondément chrétienne qui appelle Dieu Papa. Ils ont quatre enfants et sont très heureux.

Un week end de fin septembre, Mack part avec ses trois cadets camper dans une réserve naturelle, ils visitent divers sites et s’installent au bord d’un lac où ils font connaissance d’une autre famille. Les ainés font du canoë sur le lac, le bateau se retourne et la fille reste coincée dessous, Mack plonge immédiatement et réussit à la sauver. Lorsqu’ils reviennent sur le rivage, Missy, six ans a disparu. On la cherche partout en vain. Les policiers finiront par découvrir sa robe et du sang dans une cabane abandonnée. Le corps est introuvable, l’assassin a déjà fait de nombreuses victimes et il ne s’est jamais fait prendre.  Mack plonge dans ce qu’il appelle la grande tristesse, la famille essaie de survivre tant bien que mal. La grande soeur de Missy vit le drame particulièrement mal et déprime encore plus que son père.

Quatre ans plus tard, la jeune fille et sa mère partent pour le week end dans leur famille à New York. Mack, resté à la maison trouve un message dans sa boite à lettres signé Papa et l’invitant à le retrouver à la cabane. Il croit d’abord à une mauvaise plaisanterie  de son voisin. Il décide finalement de se rendre au rendez-vous avec un fusil. Il ignore si l’assassin veut le tuer à son tour ou s’il s’agit d’un rendez-vous avec Dieu comme il l’espère secrètement. Il trouve la cabane en ruine, avec les taches du sang de Missy. C’est l’hiver, il fait froid, il est désespéré et s’effondre. En revenant à lui, il crie sa colère contre Dieu et s’en va. Au bout de quelques mètres il se retourne et voit un autre paysage : la sinistre cabane est devenue un joli chalet dans un paysage printanier. Il y retourne et rencontre une mama noire qui dit s’appeler Eloussia ou Papa, elle l’invite à entrer et lui présente son fils Jésus, un charpentier et Sarayou, une jeune fille asiatique qui personnifie le Saint Esprit.

Papa entraîne Mack sur le chemin de la guérison, du pardon et d’une vie renouvelée au cours d’un week end épique. Mack retrouvera le corps de sa fille, reverra son père et apprendra à pardonner. Sa vie et celle de sa famille prendront un nouveau cours dans la certitude de l’amour que Dieu porte à ses enfants malgré les coups durs de la vie.

Il y a de nombreux dialogues entre Mack et les différentes personnes de la Trinité, ça peut paraître parfois répétitif, mais c’est à l’image de la vie chrétienne, qui est un chemin et pas une autoroute.

Ce livre s’adresse avant tout à des chrétiens ou à tout le moins des chercheurs de Dieu, il explique le parcours de la foi. Il s’agit de foi, c’est à dire d’une relation personnelle avec Jésus et pas d’une religion (ensemble de rites). Les dialogues soulèvent toutes les grandes questions de l’existence. Les chrétiens les plus fondamentalistes y voient un livre New âge et scandaleux mais les autres sauront y voir une magnifique parabole pour notre temps, qui nous dit le merveilleux amour d’un Dieu à la fois Père et Mère pour ses enfants. Si Jésus est assez conforme à la représentation qu’on peut en avoir, Papa et Sarayou viennent bousculer nos représentations, nous rappelant que Dieu est Esprit, le Tout Autre, au-delà de nos idées préconçues. Il faut y voir une parabole, une allégorie destinée à toucher nos coeurs. Jésus aussi s’exprimait par paraboles pour nous raconter le royaume de Dieu, le problème c’est qu’on les connaît trop bien et on n’est comme vacciné contre ces récits. Les auditeurs de Jésus comprenaient mieux que nous le sens des paraboles, car elles parlaient de leur univers : un paysan qui sème son grain, une femme qui a perdu une pièce, un vigneron qui loue sa vigne etc.

Je vois dans le livre de Paul Young une prédication narrative qui m’a beaucoup touchée. Je pense d’ailleurs que si on passe à côté de l’aspect chrétien, on rate la cible, le côté polar n’est là que pour nous amener ailleurs.

La cabane

 

 

L’histoire d’Helen Keller, de Lorena. A. Hickok

Ce roman destiné aux jeunes raconte l’histoire vraie d’Helen, un petite fille qui naît dans une ferme de l’Alabama à la fin du dix-neuvième siècle. A l’âge de deux ans, elle devient aveugle, sourde et muette, elle ne peut plus communiquer avec son entourage et se transforme en une sorte de petit animal capricieux. Ses parents sont désemparés et cèdent à toutes ses volontés. Au bout de cinq ans, la situation est intenable et ils font appel à Ann Sullivan, une jeune institutrice spécialisée dans l’enseignement des enfants aveugles.

Les débuts sont difficiles car Helen est habituée à vivre sans contraintes et multiplie les crises. Les parents sont sur le point de céder, mais Ann obtient de passer 2 semaines seule avec la petite. Les résultats sont spectaculaires, Helen comprend qu’Ann veut l’aider et « jouer » avec elle. C’est le début d’une longue série de jeux éducatifs, Helen fait confiance à Ann et commence à progresser dans son comportement. L’institutrice écrit le nom des choses dans la main de la petite fille. D’abord, elle prend cela pour un jeu abstrait et ne fait pas le lien avec la réalité. Un jour au bord du puits, elle lui met de l’eau dans la main et écrit le mot « eau » à plusieurs reprises. C’est le déclic, Helen fait le lien entre leurs jeux et le monde extérieur. Dès ce moment elle sera avide de connaître et comprendre le monde qui l’entoure.

Elle va apprendre le langage des signes, le braille, sera scolarisée dans un institut pour jeunes aveugles et fera même des études universitaires. Elle apprendra même à parler et deviendra conférencière, écrivain et militante de gauche engagée pour les handicapés et d’autres causes humanitaires. Elle aura beaucoup d’amis et sera très célèbre.

C’est un livre très touchant et plein d’espoir qui plaira à un public plus large que les adolescents. Il nous montre qu’on peut se sortir de situation désespérée avec la détermination nécessaire. Parce que si aujourd’hui il est évident d’éduquer les enfants handicapés et de leur donner le plus de chances possible de s’intégrer à la société, ce n’était pas le cas à cette époque, Ann et Helen sont des pionnières qui ont ouvert la route pour les autres.

L'histoire d'hellen keller

Les onze mille verges, de Guillaume Apollinaire

Voici une chronique qui n’a rien à faire sur un blog consacré aux polars.

Ce roman est une horreur d’un bout à l’autre qui ne peut que donner envie de vomir, heureusement qu’il ne compte qu’une grosse centaine de pages. Il raconte le périple du prince roumain Mony Vibescu parti de Bucarest pour se rendre en Chine en passant par Paris et l’Allemagne. Il en a assez de se faire sodomiser par son vice-consul et espère trouver des aventures plus variées.

Il essaiera tous les vices possibles et (in)imaginables : viol, meurtre, zoophilie, nécrophilie, pédophilie, cannibalisme et j’en passe. Certaines scènes sont totalement abjectes et insoutenables comme le viol d’un bébé de quatre mois. Il n’y a rien pour sauver ce roman et je me demande bien comment on peut considérer ce récit pornographique comme de l’art. Il paraît qu’il faut le prendre au second degré, mais je doute que ça suffise.

Avec un avis pareil, on peut penser que je suis une naïve lectrice des Poèmes à Lou (si magnifiques) qui se serait égarée dans ce vilain livre, mais ce n’est même pas le cas. Je savais d’avance que ce texte me donnerait la nausée et qu’il ne vaut pas la peine d’être lu. Donc pourquoi lui avoir consacré une soirée ? Pour mon challenge multi défis de Babelio. Je me suis vite prise au jeu, j’ai réfléchi un moment si j’étais prête à aller contre mes goûts et mes convictions pour ce jeu, vu que cet item consacré à la littérature érotique est le seul qui me dérange vraiment et je n’aurais jamais lu un tel texte sans ce défi. Je ne sais pas si j’aurai le temps d’arriver au bout du jeu, l’ayant pris en cours de route, il me reste encore 56 livres à découvrir d’ici la fin de l’année. Pas impossible mais difficile quand même, toutefois je voulais liquider rapidement cette corvée érotique. Et si cette façon de lire n’était pas un peu vicieuse aussi ? Bon pas autant que cet affreux prince roumain, heureusement !

Les onze mille verges

La Désirade, de Jean François Deniau

Ce roman nous fait voyager sur les traces du flibustier français Jean Lafitte, né près de Bordeaux en 1776.

Fils de marin, Jean va rejoindre son frère Pierre dans les Caraïbes en 1794. Ils sont corsaires et attaquent les Anglais et les Espagnols au nom de la France, ils font du trafic négrier également. Leur réputation grandit vite.

En 1803, il s’installent à La Nouvelle Orléans que Napoléon vient de vendre aux Américains au grand dam de la nombreuse population française très mécontente. Une forme de résistance s’installe et il faudra dix ans aux Américains pour prendre le contrôle effectif de la ville. Jean et Pierre y sont très appréciés. Ils y ont des maîtresses et vivent une vie de grands seigneurs, financée par leur royaume de Barataria. A quelques kilomètres de la ville dans des marécages et des bayous inextricables, Jean et Pierre ont fondé un royaume de pirates qui n’obéit qu’à leur loi. Cinq milles marins s’y livrent à toutes sortes de trafics et contrebandes, Pierre se chargeant d’écouler la marchandise en ville. Les pirates vivent selon un code d’honneur et s’ils sont impitoyables envers leurs ennemis, ils sont très solidaires entre eux et prennent soin de leurs blessés et infirmes. Jean règne d’une main de fer sur son petit royaume. Il est très riche. En 1813, le gouverneur de La Nouvelle Orléans veut asseoir l’autorité américaine et met la tête de Jean à prix pour 500 dollars, ce dernier réplique en offrant trois fois plus pour celle du général Claiborne.

Depuis 1812, les USA sont en guerre contre les Anglais, leur armée n’est pas encore bien organisée, ils manquent d’hommes et de moyens. Les deux belligérants se tournent vers Jean qui disposent de tout le nécessaire en hommes et en armes. Etant Français avant tout, il choisit d’aider les Américains. Le général Jackson lui offre l’amnistie en échange de son aide. C’est ainsi qu’en 1815, les Anglais sont battus à plates coutures par les Américains commandés par Jean et ses hommes.

Les pirates sont désormais des héros qui vivent en ville, car le démantèlement de Barataria fait partie du traité d’amnistie. Au bout d’un an de cette vie de seigneurs locaux, Jean et Pierre se lassent. Ils quittent La Nouvelle Orléans pour fonder un nouveau royaume à Galveston au Texas, mais les temps ont changé, celui de la flibuste est terminé.

J’ai lu plusieurs fois ce roman. On ne peut que s’attacher à ce magnifique héros, à la fois terrible et juste, témoin d’un monde disparu qui ne veut pas mourir. Certes Deniau a un peu embelli Jean en gommant les aspects les plus noirs de sa carrière criminelle. Il en a fait un des nombreux héros de la liberté qui constellent son univers romanesque. La langue est magnifique, le vocabulaire marin précis, les paysages magnifiques. C’est toujours un plaisir de s’embarquer avec Jean François Deniau, je vous le recommande chaleureusement.

Jean Lafite a fait naître de nombreuses légendes, notamment celle de son immense trésor, enterré quelque part sur les côtes de Louisiane, que de nombreuses personnes cherchent depuis deux siècles.

La désirade.jpg

Ce post est le trois centième du blog

L’aliéniste, de Caleb Carr

Une nuit de février 1896, John Moore, journaliste de la rubrique criminel du Times est appelé par son ami le Dr Lazlo Kreizler à le rejoindre en urgence. Son cocher le conduit sur un pont en chantier où se trouvent déjà Théodore Roosevelt, autre ami des deux hommes et préfet de police, ainsi que des policiers. Ils ont découvert le corps mutilé d’un jeune garçon. Les policiers, en particulier Connor, estiment qu’ils s’agit d’une affaire banale touchant la communauté émigrée pauvre et qu’il ne vaut pas la peine de s’en occuper. La police de New York ainsi que d’autres institutions de la ville sont rongées par la corruption et Roosevelt est parti en guerre contre elle. Il a déjà renvoyé de nombreux policiers et ceux-ci ne l’apprécient guère.

Roosevelt fait le lien avec  d’autres meurtres non élucidés d’enfants pauvres survenus dans les années précédentes. La police refusant de coopérer, Théodore propose à ses deux amis de former une équipe et d’enquêter discrètement sur ces meurtres selon des méthodes scientifiques encore non reconnues mais auxquelles il croit. Sara, une secrétaire de police qui rêve de devenir inspectrice ainsi que deux policiers intègres rejoignent le groupe dirigé par le Dr Kreizler. Ce dernier est un psychiatre aux méthodes controversées. Il soutient que personne ne naît criminel, que rares sont les crimes commis par de vrais déments au sens de la loi, mais que de nombreuses déviances et crimes sont provoqués par l’environnement violent dans lequel les criminels ont passé leur enfance. Il a un institut où il sauve nombre de ces enfants tenus pour fous et criminels par les autorités. Aux yeux de celles-ci, il passe pour un dangereux gauchiste et compte de nombreux ennemis dans toutes les classes sociales. Les sergents Isaacsson croient aux méthodes d’investigation modernes comme les empreintes digitales, même si les tribunaux ne les acceptent pas encore comme preuve.

De nouveaux crimes ont lieu, l’équipe d’enquêteurs avance difficilement et fait face à de multiples obstacles et oppositions. Cette première investigation scientifique n’a aucune base, ces méthodes n’ont pas permis d’arrêter Jack l’Eventreur, pourtant l’équipe de Lazlo avance doucement et réussira contre toute attente.

Ce polar est vraiment passionnant, on suit pas à pas la découverte de l’assassin à travers les tâtonnements des enquêteurs. On ne peut que s’étonner de la distance qui nous sépare de cette époque et la difficulté que les contemporains ont eu à accepter ces éléments qui semblent aujourd’hui si évidents et incontestables. Le grand intérêt de ce roman est de nous plonger dans le Manhattan des années 1890, vraiment bien loin du New York actuel. Le crime et la corruption règne en maître sur les émigrés et les pauvres avec la bénédiction des classes privilégiées et des églises. John et ses amis sont dégoutés de l’hypocrisie ambiante, mais impuissants.

Il y a quelques longueurs, notamment au milieu du livre quand l’enquête piétine un peu, mais ça reste un polar super intéressant qui montre des aspects peu connus de l’histoire de New York et passionnera tous les amoureux de cette vielle extraordinaire.

L'aliéniste